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Bonjour,

quelqu'un pourrait-il me dire s'il est envisageable de travailler en Russie (ou ex-URSS) ou en Corée (du Sud de préférence...) avec la combinaison FR, DE (langues A), RU et EN (B) ainsi que KO (C ; possible B dans un nombre incalculable de siècles) ?

Quelqu'un ici aurait-il de l'expérience professionelle dans ces pays ? Je connais peu le marché russe et pas du tout la Corée !

La moindre information sera la bienvenue !

asked 04 Jan '16, 19:08

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thyl
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Avant de savoir s'il est possible de vivre de la combinaison indiquée, se pose la question s'il est probable qu'on puisse un jour atteindre ladite telle combinaison (du moins au niveau requis pour l'interprétation de conférence). Et dans l'affirmative, s'il est réaliste d'entretenir autant de langues actives alors qu'on est expatrié.

A première vue, ça ne semble pas donné au commun des mortels de l'interprétation : la majorité des collègues n'a qu'un B. Rares sont les double A (environ 10% au sein de l'AIIC).

Tu es peut-être l'exception qui confirme la règle. Mais il n'est pas rare que les aspirants interprètes sur-évaluent leur niveau de langues et ce qui est atteignable au cours d'une vie. Un document intéressant à lire pour se faire une idée de la maîtrise à avoir : http://www.cciconline.net/documents/texts/(FR)%20Les%20langues%20B.pdf

Si ta priorité est d'être interprète de conférence, le pari le plus sûr serait d'afficher une combinaison plus modeste mais très solidement maîtrisée, qui selon tes choix de langues pourra te destiner aux marchés privés français ou allemand, ou aux marchés institutionnels de l'ONU, de l'UE et quelques autres employeurs.

Si c'est le fait d'habiter en Asie qui t'est primordial, tu pourras, en maîtrisant les langues citées, sans pour autant atteindre le niveau requis pour en faire autant des langues actives d'interprète de conférence, t'orienter vers d'autres professions où un bagage linguistique est requis.

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answered 05 Jan '16, 06:03

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Gáspár ♦
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edited 05 Jan '16, 08:44

Merci pour ton aimable réponse Gaspar !

Merci aussi pour ton lien : c'est à peu près l'idée que je me faisais de la langue B, plus proche du A que du C. Je sais que c'est très difficile, mais pas impossible.

Merci également de tenter de me redescendre sur terre !))) Alors certes, la combinaison peut sembler totalement excessive, voire à côté de la plaque. Je n'ai jamais fait d'interprétariat et ne connais pas le métier. Mais avant de me catégoriser « fou à lier » laisse-moi t'expliquer rapidement sur quoi je m'appuie ;-) Né bilingue franco-allemand, j'ai grandi et ai été scolarisé dans des pays anglophones (États-Unis, Afrique), et j'étais complètement trilingue jusqu'à l'âge de sept ans environ. Ce n'est plus le cas aujourd'hui, mais je lis quotidiennement la presse dans ces trois langues, et je pense avoir encore pas mal de marge de manœuvre pour faire de mon anglais une vraie langue B.

Ayant accompli le reste de ma scolarité à cheval entre la France et l'Allemagne, aujourd'hui je pense et je rêve tantôt en français, tantôt en allemand. J'habite à Strasbourg, avec de nombreux amis de part et d'autre du Rhin. Mais tu as raison : est-il possible d'entretenir ces langues à un tel niveau en étant expatrié ? Aucune idée, et le doute est permis, et même souhaitable. Mais je reste assez confiant de ce côté-là.

Pour le russe, je l'étudie depuis cinq ans, dont une année en immersion en Russie. Comme avec l'anglais, je pense pouvoir encore l'améliorer de manière à en faire une langue B. En revanche, il me sera plus difficile de l'entretenir si je ne vis pas en Russie.

Ma priorité n'est forcément d'être interprète de conférence, je voudrais juste travailler comme interprète, et de préférence en Asie :) Selon toi, une insertion sur le marché russe ou asiatique serait difficile pour un non-natif ?

Quelles seraient ces autres professions auxquelles tu fais allusion, qui nécessiteraient la bonne maîtrise de langues étrangères et qui offriraient des débouchés en Asie ?

(05 Jan '16, 10:00) thyl

Supposons un instant que l'évaluation que tu fais de ton niveau actuel et de ton potentiel soient réalistes.

Reste qu'il te faudrait lancer ta carrière trois fois, plutôt qu'une :

Réussir un concours d'entrée puis faire une première formation en interprétation de conférence. A ce stade, tu ne peux pas faire ta combinaison complète, les écoles fixant un limite au niveau du nombre de langues. Tu pourrais faire AA FR/DE, AB FR/EN, AB DE/EN ou ABC FR/EN/RU.

Compte une année au moins pour déjà améliorer niveau d'anglais, qui d'un niveau d'école secondaire doit passer à un niveau universitaire avancé. Idéalement, avant de te lancer dans les études d'interprétation, tu auras déjà un master.

Ajoute trois ans environ pour intégrer une école d'interprétation renommée et en ressortir avec le diplôme.

Si tout se passe bien et dans l'hypothèse d'un premier master en quatre ans (Royaume-Uni), tu peux te lancer sur le marché après sept années d'études, avec ta combinaison actuelle.

Vers 25-26 ans, tu commences le marché européen, pressé de payer tes factures et de rembourser tes éventuels crédits contractés pour financer des études jusque là. Si les choses marchent bien, au bout de quelques années, tu ne seras plus endetté voire auras déjà quelques économies et auras créé un premier réseau professionnel à Paris, à Genève ou quelque part en Allemagne, suivant ta combinaison retenue.

Une fois assez d'argent accumulé, mettons à 30-33 ans, tu pourrais travailler moins pour faire de ton Russe un B. Les cinq années d'apprentissage à ce jour forment les bases d'un C. Ta pratique, si tu l'utilises en C, le consolidera pour n'avoir à travailler dessus plus que quelques années pour en faire une langue active.

Donc vers 37 ans, tu pourrais quitter le marché européen, tisser un nouveau réseau de clients et de collègues. Retourner à la case départ en matière de volume de travail. Puis, une fois ça d'acquis, tout plaquer à nouveau pour le marché Coréen.

(06 Jan '16, 07:39) Gáspár ♦

Merci infiniment pour ces précisions ! J'avoue en toute simplicité que la perspective de recommencer à zéro tous les sept ans ne me tente pas plus que ça lol !

Je vais suivre tes conseils, être plus humble dans mes ambitions et me focaliser sur la bonne maîtrise de mes langues natales et de l'anglais.

Cela dit, est-il absolument nécessaire de posséder un master en plus du diplôme d'interprétation ?

(06 Jan '16, 09:03) thyl

Cela dit, est-il absolument nécessaire de posséder un master en plus du diplôme d'interprétation ?

Pose le problème à l'envers : veux-tu avoir toutes les chances de réussir, ou serais-tu prêt à investir deux années de ta vie dans un master d'interprétation que tu ne réussiras peut-être pas, faute de maîtrise suffisante de tes langues, faute de culture générale suffisante, faute d'assurance et de qualités oratoires consolidées grâce à quelques années d'expérience universitaire et de la vie en plus ?

Si tu veux un B anglais, tu devras de toute manière passer du temps en immersion. Autant étudier. Si tu veux devenir interprète de conférence, on te demandera une connaissance du monde et de matières comme le droit et l'économie, autant les étudier d'emblée, plutôt que de ne les découvrir sur le tard.

Et si par malheur tu n'arrives pas à décrocher ton master en interprétation de conférence, avoir un autre diplôme de niveau master ne sera pas superflu.

(06 Jan '16, 10:38) Gáspár ♦

Je te remercie, Gaspar, pour ton aide précieuse et tes conseils ! Toutes ces infos m'ont été très utiles !

(06 Jan '16, 14:48) thyl

Hello Thyl,

To comment on something you said above, if you want to become an interpreter, then getting a degree in conference interpreting is your best bet. While there are many forms of interpreting - legal, business negotiations, technical discussions, etc. - the only way to learn the techniques that will be expected of you is to get a degree in conference interpreting. Once you have acquired the highest level of skills, you may then choose to use them or not, depending on the job.

As to other jobs that may exist, the world is your oyster! You could get jobs in large companies that have branches all over the world, deal with export-import, become a travel writer, teach English/French/German as a foreign language overseas... If your idea is to enjoy using languages and have security, then these are very good options. If your goal is more to help people communicate, and you love hard work and always learning new things, then interpreting is for you.

Gaspar is completely right on his evaluation of your language levels and timelines, if a bit EU-centered. The language combination as you have stated it is hugely ambitious, to the point of making sure you fail at all of them. Once you have your university degree (a subject other than foreign languages would be hugely helpful!) and have received your degree in conference interpretation (preferably with an A-B-C combination, so you understand the requirements for each level of language knowledge), there is no reason you cannot then add another language on your own, without going back to school, since you will already know what to do. Which means that you could get a French A, Russian B, English C degree and go off to work for the French embassy in Moscow, and in your time off, practice your French<>German and Russian/English >German. This is just an example, but it helps to understand that there is not only one path to becoming an interpreter, or to making a language one you can work with, especially if your goal is not to stay in Europe.

As to working on the market in Russia, you would be safest if you worked as a staff interpreter for a company or embassy rather than trying to be a freelancer on the market. Firdt of all, you would have to overcome the Russians' major bias in favor of a Russian native speaker being the only qualified person to work both into and out of Russian, as "it is so hard that no one else could ever learn it to the right level." it is true that the language and culture have things that are understood by natives that any non-natives have to work hard at finding out, let alone understanding. Though you would have one serious ace up your sleeve, which is that you would work biactively with a language other than English - Russian<>English interpreters are a dime a dozen, Russian<>French or German interpreters are fewer and farther between.

I am sorry that I know nothing about the Korean market, but the fact that you can say "du Sud de préférence" in your question tells me that you would have to find out a lot more about history, current events, and the market there in general before you even think of adding it as a working language.

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answered 07 Jan '16, 09:35

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JuliaP
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Thank you very much Julia for your kind and helpful advice ! A position at the French embassy in Moscow would be nice, but I guess there are hundreds of millions of candidates. I believe you are right when you say that a freelancer on the Russian market would be a bad choice. The best way to achieve bilingual, near-native fluency (and credibility) would be to graduate from a Russian university... I heard there is a school of interpretation in Petersbourg, do you know something about it by any chance? As for Korea, don't worry, I was just kidding! I believe there is not much demand for Western language interpreters in North Korea...

(07 Jan '16, 10:09) thyl

Actually, there aren't millions of candidates for the Embassy jobs, so it's certainly envisageable.

There is a Russian school of interpretation in St Petersburg, and it has a decent reputation in the UN organizations, but I have no idea if it is able to give degrees to people who are not Russian As.

Quite frankly, I would get my degree with the combination I mentioned above in Paris at ISIT or ESIT, and spend the middle year away in Russia. Of course, you could get your degree in FR<>DE and then in EN and RU > FR/DE, but again, this may be too ambitious. Or get a FR A, DE B, RU and EN C, though I am not sure if they do an ABCC combination.

By the end of your degree, you just may want to stay in Europe, and travel for work. I know of interpreters who have been both staff and freelance interpreters in the UN system (so no German) in Nairobi, Bangkok, Vienna, Geneva, NY, and who traveled to Japan, Korea (South of course! ;-)) Thailand, etc etc etc. Granted those were the days when the UN brought more people in, but if you change your profile and get a FR A, RU/EN/ES C, then the UN world is definitely your oyster.

(07 Jan '16, 11:09) JuliaP
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