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Quand est-ce qu’une interprétation cesse d’être une interprétation de liaison et devient de la consécutive, c-a-d de l’interprétation de conférence, mais sans cabine ? Ce que j'essaie de savoir c'est comment établir la distinction entre
et
Quels sont les éléments qu’un interprète devrait vérifier pour savoir exactement ce qu’on attend de lui (ce qui a son importance pour tarifer la prestation et accessoirement pour savoir s’il est qualifié ou pas pour la faire) ? |
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Je pense que les termes interprétation consécutive et simultanée font référence au mode d'interprétation : prise de notes suivie de l'interprétation dans le premier cas, interprétation directe en cabine, avec bidule ou en chuchotage dans le deuxième. Et que l'interprétation de liaison, communautaire, etc. sont des termes utilisés plutôt pour décrire le cadre de l'intervention et, par là même, les conditions de travail (seul, en équipe, avec ou sans équipement) et de rémunération de l'interprète (à l'heure, à la journée, barème conventionné, etc.). Dans la phase d'offre, l'interprète se renseigne et négocie les termes de son intervention en fonction des us et coutumes de son marché : - Honoraires conventionnés pour l'interprétation auprès des tribunaux nationaux, communautaire dans les hôpitaux ou en accompagnement de personnes sourdes, par exemple. - Facturation à la journée de l'interprétation en conférence, avec des honoraires conventionnés ou non, selon que la prestation est pour un client institutionnel ou non. - Pour le marché dit libre (non institutionnel, entreprises, associations, organismes divers, particuliers), facturation de la prestation sur une base horaire ou journalière et qui varie en fonction du mode d'interprétation (simultanée ou consécutive, travail seul(e) ou en équipe). À noter au passage que, comme pour toute autre profession libérale, l'interprète doit viser à atteindre un seuil de rentabilité dans l'exercice de son métier, c'est-à-dire à générer un revenu qui lui permettra de couvrir la totalité de ses dépenses (temps de travail direct lors de la mission, temps de préparation, temps et frais de voyage, autres frais professionnels, assurances professionnelles et sociales, loyer et dépenses quotidiennes, formation continue, etc.). Selon moi, l'interprétation de liaison devient interprétation de conférence lorsque le cadre d'intervention change d'échelle (de quelques personnes qui discuteront autour d'une table on passe à une conférence avec intervenants, panel de discussion, exposés, etc.). Quant au fait d'intituler une prestation "liaison" ou "conférence" lorsqu'il s'agit d'une consécutive pour un petit groupe de personne, il dénote le statut qu'on lui attribue (en général l'interprétation de conférence est plus valorisée et mieux rémunérée que l'interprétation de liaison). A ce propos, je rappelle l'excellent article de Holly Mikkelson "Interpreting is Interpreting - or is it?" disponible sur le site de l'AIIC (http://aiic.net/ViewPage.cfm/page3356.htm) ou celui de Holly directement: http://www.acebo.com/papers/INTERP1.HTM.
(28 May '12, 01:58)
Aude
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...et oui, malheureusement on n'a pas su "s'approprier" le nom de consécutive pour celle que nous faisons en conférence, de façon à "imposer" une autre appellation pour ce que font les collègues qui travaillent en liaison, par ex. "successive" ou "séquentielle" qui décrirait mieux une technique qui passe à chaque fois que quelques phrases, voire quelques mots. |
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Je me souviens de Christopher Thierry nous disant un jour, alors que nous nous interrogions sur ce qui définissait l’interprétation de conférence, que c’était ce que faisait… un interprète de conférence (IC). C’est vrai que l’IC qui a subi une longue formation (souvent de 2 années) pour maîtriser la technique de la prise de notes, qui est capable – le cas échéant – de retransmettre fidèlement et en une fois un discours protocolaire ou technique de plusieurs minutes, ne va pas subitement oublier sa technique sous prétexte qu’il est entre 2 hommes d’affaire qui, finalement, n’en demandent pas tant. Dans un contexte plus décontracté, entre 2 personnes qui bavardent ou pour accompagner l’épouse du dignitaire qui va faire son shopping, il est clair que la technique requise est moins exigeante, moins pointue, et qu’un interprète de liaison – qui n’a en général pas suivi la même formation – est parfaitement approprié. Il ne l’est plus s’il s’agit de la négociation d’un contrat compliqué où chaque nuance compte ou d’une déposition très technique aux enjeux importants, pour lesquelles une formation plus spécifique sera indispensable. C’est aussi à l’interprète-conseil de savoir qui affecter en fonction de la prestation souhaitée. |