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Bonsoir à tous!

Je viens ici pour vous poser une question qui va vous sembler débile. Lorsqu'on est interprète (ou traducteur) bénévole, est-on en droit d'exiger un tarif minimum? J'ai déjà entendu des interprètes parler de "tarif solidaire", sans vraiment en connaître la signification. Il m'est déjà arrivé de travailler comme bénévole pour des associations, pas en tant qu'interprète ou traductrice, et j'avais quand même une rémunération minimale. En fait je vois souvent certaines ONG annoncer qu'elles recherchent constamment des interprètes et des traducteurs bénévoles...Cela comprend il tout de même une rémunération ou pas?

Merci.

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asked 12 Jul '15, 15:39

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Sophie
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edited 13 Jul '15, 06:54

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Nacho ♦
73381532

En fait ma question vaut également pour Amnesty, MSF,.... Merci

(12 Jul '15, 15:42) Sophie

Hello Sophie, first off, I fully agree with what MSR and Gaspar have said. I just had a couple of additional points to make:

  • if you are working as a volunteer and making a gift of your skills, this does not mean that you should go out of pocket. The organizers should pay your travel costs, room and board. In the good old days of volunteering, this happened systematically. I have a feeling it happens less and less because of the huge supply of young interpreters ready to do anything to get experience and to meet more experienced colleagues - which used to be a side benefit of volunteering.
  • If you do choose to volunteer, it is very rare that you will indeed be working with an experienced interpreter who could then recommend you for jobs, mainly because they will never pay their own way when making a gift of their services.
  • Remember that, however low you go in what you charge, there will always be someone who is willing to go even lower; the best example is where you now have to pay to make the gift of your services! Low prices (in volunteering or working for pay) do not create loyalty in a client, as they will always be on the lookout for someone cheaper.

I hope this helps!

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answered 15 Jul '15, 09:51

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JuliaP
2.9k249

2

Julia, allow me one precision, if I may: in those salad days, aiic members could only have their expenses defrayed under a waiver granted by Council, as I explained here http://interpreting.info/questions/2662/stage-formation-ou-benevolat-le-cas-de-caux and here http://interpreting.info/questions/3405/historique-du-code-ethique-concernant-les-benevolats . You are however absolutely right when stating that, more recently, pro-bono work by seasoned professionals does indeed usually involve organisers paying for travel, board and lodging :-).

(15 Jul '15, 17:37) msr

Thank you Manuel! I joined the volunteer market only after the waiver was granted by Council, so never knew that people paid their own way as well, as it had always been presented to me that the organizers paid for travel, etc. It was indeed a nobler gift then, and I am sure it made the interpreters look more closely than they may today at the organizations requesting free services.

(17 Jul '15, 07:30) JuliaP

Bjr Sophie

Tout comme le travail "normal", le bénévolat lui-aussi est de gré-à-gré, c-à-d que chaque collègue décidera si elle ou lui est prêt à faire don de la totalité de ses honoraires ou seulement d'une partie - j'imagine que c'est à ce dernier cas de figure que les collègues faisaient référence quand ils parlaient de "tarif solidaire" :-).

Normalement les organisateurs spécifient s'ils cherchent des bénévoles à 100% ou s'ils peuvent payer des honoraires réduits par rapport au marché- dont chacun est libre d'en faire un don supplémentaire, bien sur.

Finalement, si ça passe par des recruteurs, il faut espérer que ceux-ci auront le bon reflexe pour éviter de se faire de la "concurrence bénévole" - on en a connu des cas :-(...

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answered 13 Jul '15, 04:51

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msr
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La logique économique voudrait que l'on puisse accepter de donner (I) de son temps et de son savoir-faire gratuitement pour une cause dont on se sent proche (II).

Le premier élément suppose que l'on ait les moyens de donner, c'est à dire que l'on ait les reins assez solides financièrement pour renoncer (intégralement ou en partie) à X-cent euros d'honoraires, mais aussi que l'on ait le savoir-faire requis pour prester avec le même degré de qualité et de professionnalisme dont on fait preuve pour les clients qui payent plein tarif (sinon, ce n'est pas du bénévolat avec ses lettres de noblesse, puisqu'on ne fait pas don de soi, mais se permet de prester moins bien que d'habitude sous prétexte qu'on gagne moins que d'habitude).

Le second élément suppose que l'on ne se porte pas bénévole le lundi pour un colloque de la Ligue Communiste Révolutionnaire pour ensuite aller au congrès des jeunes du Front National le lendemain, et qu'on connaisse les valeurs et principes défendus et les actions menées par l'organisation.

Sur le terrain, les choses se passent quelque peu différemment.

D'une part, il y a une inflation du nombre de diplômés qui ne savent pas comment lancer leur carrière, et qui se disent que toute expérience est bonne à prendre, quand bien même l'organisateur n'a pas prévu d'argent pour nous héberger alors qu'il nous demande de nous rendre dans un pays étranger ou nous demande de payer notre billet d'avion pour travailler gratuitement (Oxfam, Caux,...).

D'autre part, l'enfer étant pavé de bonnes intentions et ce déséquilibre entre l'offre (excédentaire) en jeunes enthousiastes et la demande en travailleurs gratuits, (certaines) organisations se sont habituées au tout-gratuit. Il est des organisations qui sont publiquement subventionnées, qui agissent contre la pauvreté, contre la précarité, contre l'exploitation ou contre l'exclusion, dont les budgets opérationnels (à six ou sept chiffres) rémunèrent des personnes salariées tout au long de l'année. Ces mêmes organisations ne voient pas de problème à espérer avoir recours à des bac+5 précaires gratuitement, pour qui donner 1 à 2 journées sur un mois représente une perte potentielle de 25 à 50% du revenu mensuel (et on parle là juste du SMIC).

Souvent, lorsque je reçois une demande, maladroitement déguisée en "opportunité (sic) de gagner en expérience" je décline poliment, expliquant que ma situation financière ne me permet pas de faire don de plusieurs milliers d'euros.

Il m'est déjà arrivé de reçevoir une demande d'Oxfam pour bosser gratuitement, parce que l'argent était destiné à d'autres priorités, comme on me l'expliquait à l'époque : Le budget alloué à l’évènement est d’environ 20.000€. Cette somme englobe la location de la salle et le prix du repas.

Après un refus collectif d'une cabine d'assurer la communication multilingue à cet évènement où il semblait plus important de satisfaire les panses que d'échanger des idées entre gens réunis, de l'argent en plus est apparu comme par miracle...

Ce n'est pas tant que ces ONG ne peuvent pas payer, c'est plutôt qu'elles n'y sont plus habituées, et qu'elles préfèrent que l'argent des dons et subventions serve sur le terrain. Fair enough, mais les moins de trente ans de notre profession eux espèrent quand même réussir à payer leur loyer en colocation et se nourrir.

Et le recours systématique à la main d'oeuvre gratuite, via un turn-over de diplômés qui finalement sont contraints de se reconvertir faute de se faire payer, me semble souvent dénoter d'une certaine incohérence et un manquement en termes d'éthique et de responsabilité sociale.

Donc pour répondre brièvement aux questions initiales...

Lorsqu'on est interprète (ou traducteur) bénévole, est-on en droit d'exiger un tarif minimum? J'ai déjà entendu des interprètes parler de "tarif solidaire", sans vraiment en connaître la signification.

Tu es en droit d'exiger tout ce que tu veux, mais il y a fort à parier que des gens moins expérimentés, plus fébriles de travailler et moins renseignés que toi te rafflent l'incroyable possibilité de changer le monde en s'endettant un peu plus personnellement.

Le tarif solidaire lui est une manière pour certains de fidéliser leur clientèle associative, en proposant un tarif défiant toute concurrence (à part celle du tout-gratuit), pour des réunions où même les ONG savent qu'elles ne pourront pas se contenter de gens à peine diplômés. Il faut voir si on y trouve son compte, car qui dit prix sensiblement inférieurs à ceux du marché dit travailler deux fois plus pour gagner la même chose (l'Uberisation par excellence)... avec la fatigue que cela entraîne, les effets sur la santé, in fine sur la qualité du travail qu'on est en mesure de fournir, qui à son tour finit par déterminer le volume de travail auquel on peut prétendre.

Mais l'un dans l'autre, comme le dit MSR, it's a free market. Chacun facture ce qu'il veut. Le tout est de savoir ce qu'on vaut, du montant dont on est en mesure (si on l'est) de faire don, des sommes requises pour vivre et survivre pendant ses vieux jours.

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answered 14 Jul '15, 04:43

G%C3%A1sp%C3%A1r's gravatar image

Gáspár ♦
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edited 14 Jul '15, 04:49

1

Merci pour ta réponse. Le problème avec ce genre d'offre, c'est que j'ai l'impression qu'on en abuse et qu'on fini par déprécier notre métier au final. L'exemple d'Oxfam qui fait passer ses repas avant la communication l'illustre bien. Comme on dit si bien "bon et bête commencent par la même lettre". Ca me rappelle justement une amie qui avait commencé à travailler pour Amnesty comme traductrice bénévole et qui s'est vue surchargée de travail...et la hiérarchie s'en moquait. Comme tu dis on en arrive à l'uberisation du métier, ce qui n'est rien de bon finalement.

(14 Jul '15, 14:41) Sophie
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last updated: 17 Jul '15, 07:30

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