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Bonjour,

J'imagine qu'il y a déjà eu beaucoup de questions posées concernant la réputation de telle ou telle école d'interprétation... Mais je sollicite tout de même votre aide pour avoir les idées plus claires quant à la suite de mes études :)

Je suis diplômée de l'ISIT à Paris en traduction. Maintenant, j'aimerais faire un master en interprétation de conférence en Belgique, seulement je ne sais pas quelle école choisir entre l'ISTI et l'Eii de Mons. Pensez-vous que ces deux écoles se valent, ou l'une est-elle mieux réputée et/ou plus connue que l'autre ?

Si certains d'entre vous sont passés par l'une de ces deux écoles, je serais ravie qu'ils me fassent partager leur expérience. Comment se passent la formation, la vie à l'école, les stages... ?

D'avance, merci beaucoup pour votre aide !

Elodie

asked 06 Jul '15, 17:17

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elodiechaban...
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edited 13 Jul '15, 06:57

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Nacho ♦
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Bonjour Elodie, Je vais essayer de ne pas trop répéter ce qui a été dit et, n'y ayant pas étudié, je ne parlerai pas de l'ISTI. Par contre, je peux te parler des conditions matérielles à l'EII et de l'expérience que j'en ai fait (j'en suis sorti en 2012).

Pour ce qui du quotidien, comme les autres l'ont dit il y a souvent plus de cabines que d'interprètes, ce qui est idéal pendant les cours et pour s'entraîner en dehors. Concrètement, dans des combinaisons comme EN-ES ou EN-IT, il y a généralement en M1 huit à douze étudiants. En M2, ce nombre se réduit souvent drastiquement et on peut se retrouver selon les années à trois ou quatre voire moins. Par exemple cette année, en M2 anglais-espagnol, il n'y avait que trois candidats dont deux doubleurs. Donc, en substance, tu pourras en t'impliquant réellement profiter des profs ainsi que des infrastructures (sans oublier ce que Bruxelles n'est pas loin). S'agissant des stages, quelques mots sur celui à l'ONU. Quand je l'ai fait, il était organisé comme une formation intensive de deux mois durant laquelle on passait à 80% du temps à interpréter à micro ouvert à partir d'enregistrements ou en cabine muette (avec des collègues fonctionnaires pour nous écouter et nous corriger) et 20% à faire de la traduction à l’œil, à apprendre à préparer rapidement des documents de séance ou à faire des recherches terminologiques et documentaires. Le tout était logiquement plutôt axé Nations Unies, mais cela fut très enrichissant du point de vue de la technique d'interprétation.

Pour ce qui est de l'expérience que j'ai faite de l'EII, j'en suis content mais je regrette de ne pas avoir pu ajouter de retour pendant mes études, le cursus n'en prévoyant pas. Or sans retour, trouver du travail avec EN-ES ou EN-IT est impossible et même avec les trois, c'est difficile. Et là je rejoins les autres: le choix de l'école a son importance mais c'est surtout la combinaison linguistique que tu auras en sortant qui est déterminante car c'est ce qui te permettra de présenter des tests dans les institutions et d'avoir du travail dans le privé. J'ai la même combinaison que toi (FR A, EN IT ES C) et je travaille presque uniquement pour l'UE. Non pas parce que j'ai pas parce que j'ai quoi que ce soit contre le privé ou les autres institutions, mais parce que la faible demande pour mes langues est déjà largement couverte par des collègues plus chevronnés que moi et mieux connus. Je suis d'ailleurs déjà occupé à apprendre une quatrième langue passive car pour le moment j'arrive à vivre de mon métier, mais je ne sais pas de quoi l'avenir sera fait (tout en essayant de faire mon trou dans la traduction). En conclusion, peu importe ton choix d'école, pense bien à ce qui pourra le mieux te permettre de vivre du métier après les études (tout en faisant ce que tu aimes!). Maintenant, autre langue ou retour, France ou Belgique, c'est à toi de voir selon ton projet.

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answered 09 Jul '15, 18:38

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Michele
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Merci beaucoup Michele de m'avoir fait part de ton expérience. as-tu mis longtemps avant d'être appelé pour passer un test d'accréditation UE ? tu l'as eu du premier coup ?

(10 Jul '15, 07:00) elodiechaban...

J'ai dû attendre neuf mois pour pouvoir présenter un test, et j'ai dû le présenter en deux parties (la première en mars, la deuxième en juin) car je ne pouvais être accrédité que si je réussissais pour mes trois langues. Sinon, oui, je l'ai eu du premier coup.

(10 Jul '15, 16:38) Michele

Hello Elodie, After the very good answers Camille and Gaspar have given, the only additional piece of advice I can give is that, if you do choose Mons, please don't stay stuck out there. All too often Mons students see Brussels as being at the other end of the earth, even though there is a direct train from one to the other. There are opportunities to practice and take classes in Brussels that aren't officially part of a school, and that welcome students from anywhere. But you have to be willing to make the trip to Brussels.

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answered 08 Jul '15, 11:31

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JuliaP
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L'EII a de meilleures chances de t'offrir des cours en petits groupes et dans des conditions matérielles solides. Aussi, des 10 derniers accrédités UE en cabine française qui travaillent régulièrement, j'en compte quatre qui sont de Mons et aucun de l'ISTI. Mais ce dernier argument est quelque peu fallacieux, car souvent la réussite dépend bien plus du candidat lui-même et de ses langues étrangères, que de l'enseignement dont il a profité.

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answered 06 Jul '15, 17:25

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Gáspár ♦
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Sans compter qu'à Mons, on fait de la traduction à l'oeil ;-) http://interpreting.info/questions/7720/le-jargon-des-interpretes

(06 Jul '15, 17:42) Vincent Buck ♦♦

Merci pour cette réponse. C'est vrai qu'au début, j'ai trouvé cela un peu étrange qu'une bonne université comme l'EII ne soit pas située dans la capitale. Peut-être est-ce parce que l'ISIT et l'ESIT sont toutes deux à Paris... Mais il est vrai que j'entends beaucoup de bien de l'EII et qu'elle a l'air d'offrir une solide formation.

(07 Jul '15, 09:33) elodiechaban...
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Si la formation de Mons peut surpasser, surtout pour des raisons matérielles, celle de l'ISTI, le taux d'insertion professionnelle reste cependant très faible dans l'absolu:

  • D'une part, les écoles belges ne peuvent pas refuser l'entrée aux candidats, ce qui mène généralement à une hécatombe en fin de M2 (si je ne dis pas de bêtises, cette année, une seule personne a réussi son jury final à Mons).

  • D'autre part, les rares diplômés n'ont qu'encore plus rarement une combinaison linguistique viable, ce qui souvent force même ceux qui ont réussi leurs études à devenir in fine autre chose qu'interprète de conférence.

Voir aussi :

http://interpreting.info/questions/2496/tous-les-diplomes-ne-deviennent-pas-interpretes

http://interpreting.info/questions/3421/schools-social-responsibility

En bref, si tu en as la possibilité, vise les écoles parisiennes. Si celles-ci ne t'ont pas ouvert leurs portes en raison de ta combinaison linguistique, améliore d'abord celle-ci. Rien ne sert d'apprendre la technique d'interprétation si le jour du diplôme ton profil ne te permet pas d'être employable. Si ce n'est qu'ensuite que tu songes à apprendre une langue en plus, pendant que tu te consacreras à cette tâche, ta technique, elle, s'effilochera. C'est un exercice d'équilibriste impossible, d'où l'importance de ne se lancer en master d'interprétation qu'une fois toutes les cartes requises réunies. Ce qui n'est pas non plus une mauvaise chose, car avoir un peu plus de bouteille (25 ans et plus) avant de tenter cette folle aventure est toujours un atout.

(07 Jul '15, 09:48) Gáspár ♦

J'ai lu le sujet "les diplômés ne deviennent pas interprètes", ça fait peur... En traduction, je suis diplômée français A anglais B italien B espagnol B. Je voudrait faire IC en anglais italien. Est-ce une combinaison qui offre des possibilités au sein des institutions européennes ?

(07 Jul '15, 09:59) elodiechaban...

La demande est changeante. En ce moment, les institutions requièrement depuis janvier 2014 trois langues C en cabine française : http://europa.eu/interpretation/doc/lang_profiles_in_demand.pdf L'anglais est impératif et on privilégie les candidats qui ont également une langue prioritaire (l'allemand ou l'une des 13 langues des élargissements depuis 2004). Cela étant dit, nous avons en ce moment même un collègue sorti de Mons et accrédité depuis 2013 avec commes langues C EN-ES-IT et qui pour l'heure arrive à en vivre. Après, on est tous tôt ou tard voué à ajouter une quatrième langue pour rester dans le coup.

(07 Jul '15, 10:10) Gáspár ♦

Bonjour Elodie, Merci pour ta question. Je vais aborder les différences entre ces deux écoles, mais je tiens d'abord à souligner à quel point le commentaire de Gaspar est pertinent : le choix de ta combinaison doit primer sur le choix de ton école. Te renseigner sur l'école à choisir, c'est un bon début, mais renseigne-toi surtout sur les débouchés. La combinaison FR A / EN-ES-IT C peut certes t'ouvrir les portes de l'UE mais te limitera à cette option (ou à l'ONU mais y entrer est plus difficile). Pour travailler sur le marché privé, un retour en EN est indispensable.

Pour en revenir aux deux écoles, il n'y a pas de différences significatives en ce qui concerne la qualité de l'enseignement.

L'EII a apporté beaucoup de modifications à son programme en intégrant l'université de Mons il y a quelques années et j'imagine que ce sera le cas pour l'ISTI qui intègre l'Université de Bruxelles cette année, donc je ne me risquerai pas à parler du programme de cours en détails.

A mes yeux, la principale différence, ce sont les stages. A l'EII, la période de stage dure 2 mois et la majorité des étudiants se retrouve au Copa-Cogeca à Bruxelles, la seule institution qui accepte d'accueillir des stagiaires pendant une longue période. L'avantage, c'est que tu travailles dans des conditions réelles d'interprétation de conférence. Les deux inconvénients sont que les cours sont suspendus pendant 2 mois et que tu travailles uniquement à micro fermé. D'autres étudiants sont choisis pour effectuer leur stage à l'ONU à NY (ceux qui ont l'espagnol ou le russe). Si tu veux faire d'autres stages pendant l'année, libre à toi mais tu devras obtenir l'accord de tes profs.

A l'ISTI, les stages sont répartis sur toute l'année. Il s'agit de stages d'une journée à une semaine et ils sont très variés. L'avantage, c'est que tu travailles souvent à micro ouvert et que tu touches à tout. L'inconvénient, c'est que c'est souvent du bénévolat et que les conditions ne sont pas toujours optimales.

L'autre différence, c'est la taille des classes, comme l'a dit Gaspar. A l'EII, il y a souvent plus de cabines que d'interprètes, or à l'ISTI, il faut souvent partager sa cabine avec un autre étudiant. Je ne considère toutefois pas ça comme un inconvénient puisque ça t'apprend à bosser en équipe. Le plus gros souci du manque de cabines toutefois, c'est qu'il est quasi impossible à l'ISTI de s'entrainer en dehors des heures de cours.

Dernière différence qui va de soi : la ville. L'avantage de vivre à Bruxelles, c'est qu'on y trouve une grande communauté d'interprètes. Tu peux t'entrainer avec eux en dehors des cours ou simplement profiter de leurs conseils sur le métier.

En ce qui concerne la réputation, l'EII a en effet longtemps joui d'une meilleure réputation grâce à la surreprésentation de ses anciens étudiants au sein des institutions. A mon avis, ce facteur ne devrait pas peser dans ton choix.

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answered 08 Jul '15, 04:21

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Camille Collard
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Merci beaucoup Camille pour cette réponse très complète. Si je comprends bien, étant donné que dans l'une comme dans l'autre école, les cours ne sont donnés qu'avec deux langues C, je peux quand même travailler de mon côté ma troisième langue C pour la présenter au teste d'accréditation de l'UE ? Et je te poserais la même question qu'à Gaspar, aujourd'hui est-ce que tu arrives à vivre de ton métier d'interprète ?

(08 Jul '15, 05:02) elodiechaban...
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Rien ne t'empêche en effet de bosser ta troisième langue C, mais cela te demandera beaucoup de travail et de discipline. Non, je ne vis pas uniquement du métier d'interprète. Pour pouvoir espérer en vivre, je devrais soit ajouter une troisième langue C et réussir le test d'accréditation UE, soit ajouter un retour EN et me faire une place sur le marché privé déjà surchargé, mais même tout cela ne m'assurerait pas de pouvoir en vivre, tant les incertitudes sont nombreuses.

(08 Jul '15, 15:54) Camille Collard
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