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Bonjour,

Merci pour ce site qui est une véritable mine d'informations.

1) La langue B dans la combinaison linguistique d'un interprète, selon la compréhension que j'ai eu d'un document sur le sujet, doit être maîtrisée presque aussi bien que la langue A(ou langue maternelle). Cela signifie pour moi qu'il faut pouvoir s'exprimer couramment dans cette langue aussi bien à l'oral qu'à l'écrit, en avoir une compréhension similaire, connaître la culture des pays de langue B... Peut-on y arriver sans avoir vécu dans un pays de langue B? (j'imagine que non, mais je préfère tout de même poser la question aux plus expérimentés...)

2) J'ai vu que les programmes de maîtrise en interprétation de conférence tels que celui de l'ESTI demandent justement un séjour d'une année minimum dans un pays de langue B. Un an minimum est-il réellement suffisant?

3) Quel est le meilleur moyen de passer ce séjour dans le pays de langue B pour atteindre un niveau suffisant avant de retourner dans le pays de langue A? En effet, supposons que la langue B est l'anglais. Je vais passer mon séjour dans un pays anglosaxon ou bilingue(uk, canada, etc... Mais en qualité de quoi? En effet, les études dans les pays anglosaxons, sans y porter de jugement, sont réputés chers au niveau des frais de scolarité mais aussi du coût de la vie.

Les séjours linguistiques sont envisageables mais je doute de leur efficacité notamment parce que leur durée est limitée à 6 mois si je ne me trompe et je doute de la réelle immersion qu'ils prétendent apporter.

Y trouver un emploi est aussi une solution, mais il ne faut pas se faire trop d'illusions là-dessus, sans vouloir être défaitiste.

Je précise que cette question est surtout relative aux ressortissants étrangers hors UE qui ne bénéficient pas des programmes/accords/prêts liés aux ressortissants des pays membres de l'UE.

4)Avez-vous des informations sur les marchés ouverts aux ressortissants des pays hors UE dans les organisations internationales ainsi que dans le privé en Europe s'ils y sont formés et ailleurs (Amérique, Afrique, Asie)?

J'aimerais vraiment avoir vos retours d'expérience et vos conseils à ce sujet et n'hésitez pas à me rediriger vers les liens qui répondent déjà à mes questions si je ne les ai pas encore vus. Merci!

asked 21 May '15, 21:43

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keryss
23115


Peut-on y arriver sans avoir vécu dans un pays de langue B?

Non. Quand bien même la langue serait parlée dans l'environnement familial et connue à travers la littérature, les médias, etc., il te manquera inéluctablement des registres, des nuances dans le phrasé, la conscience des évolutions de la langue,...

2) J'ai vu que les programmes de maîtrise en interprétation de conférence tels que celui de l'ESTI demandent justement un séjour d'une année minimum dans un pays de langue B. Un an minimum est-il réellement suffisant?

Le fait de demander aux candidats d'avoir séjourné un temps donné dans les régions où sont parlées leurs langues ne veut pas dire que cette durée suffit à acquérir le niveau. C'est une exigence cumulative (avoir un B et avoir séjourné) plutôt qu'une cause à effet (un séjour, donc un B).

3) Quel est le meilleur moyen de passer ce séjour dans le pays de langue B pour atteindre un niveau suffisant avant de retourner dans le pays de langue A? En effet, supposons que la langue B est l'anglais. Je vais passer mon séjour dans un pays anglosaxon ou bilingue(uk, canada, etc... Mais en qualité de quoi? En effet, les études dans les pays anglosaxons, sans y porter de jugement, sont réputés chers au niveau des frais de scolarité mais aussi du coût de la vie.

Les séjours linguistiques sont envisageables mais je doute de leur efficacité notamment parce que leur durée est limitée à 6 mois si je ne me trompe et je doute de la réelle immersion qu'ils prétendent apporter.

Y trouver un emploi est aussi une solution, mais il ne faut pas se faire trop d'illusions là-dessus, sans vouloir être défaitiste.

Il n'y a pas de solution universelle,. Il faut en effet jongler entre ressources financières et disponibilité de temps libre et énergie pour travailler au perfectionnement de la langue. Suivant le vécu personnel, l'objectif peut être éloigné et laborieux à atteindre, il faut évaluer le retour sur investissement qu'on peut espérer obtenir.

4)Avez-vous des informations sur les marchés ouverts aux ressortissants des pays hors UE dans les organisations internationales ainsi que dans le privé en Europe s'ils y sont formés et ailleurs (Amérique, Afrique, Asie)?

En tant qu'interprète freelance, tes clients ne se soucieront guère de ta nationalité. Celle-ci ne jouera un rôle que dans l'hypothèse où tu voudrais passer un concours pour devenir interprète permanent (nationalité UE requise pour les institutions européennes, nationalité d'un pays ACP pour le siège ACP à Bruxelles,...) Pour les possibilités de titre de séjour, tu devras composer avec les contraintes liées au statut de freelance s'il te faut prouver une source de revenus suffisante et régulière alors que tu ne t'es pas encore installé sur le marché local.

Pour la formation, il est généralement utile de faire une école réputée et/ou à proximité de la région où on compte travailler, puisque les premières relations professionnelles se nouent durant la formation.

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answered 23 May '15, 05:23

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Gáspár ♦
6.6k141829

Merci pour votre réponse. Je comprends mieux l'exigence de séjour dans le pays de langue B. Si je souhaite avoir l'anglais ou l'allemand comme langue B dans ma combinaison linguistique, quels destinations me conseilleriez vous? Je doute de ma capacité à aller au RU pour les raisons sus-évoquées. Du coup je pensais peut-être à l'Afrique du Sud ou au Canada (Ottawa) pour l'anglais. Pour l'allemand, le seul pays qui me vient en tête c'est l’Allemagne, qui me semble accessible financièrement à moyen terme. Qu'en pensez-vous?

(23 May '15, 12:29) keryss
1

Le marché biactif français-allemand n'est pas des plus grands. Je ne suis pas sûr qu'il soit pertinent de passer presque une décennie de ta vie à acquérir un allemand B pour un retour sur investissement aussi faible, d'autant plus que tu seras en concurrence avec des gens qui, pour des raisons familiales et de liens étroits entre les deux pays, sont bilingues depuis leur enfance.

Pour le marché biactif français-anglais, l'anglais de la région où tu voudras travailler et donc vivre durablement semble le plus pertinent.

(25 May '15, 07:00) Gáspár ♦

Si vous en avez la possibilité, une très bonne solution consiste à faire des études supérieures NON-LINGUISTIQUES (économie, droit, sciences politiques etc.) dans un pays de votre langue B. Par ailleurs, l'ESIT propose une publication consacré au perfectionnement linguistique (en vente au secrétariat) qui contient des conseils très utiles pour améliorer une langue B.

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answered 30 May '15, 12:52

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leprof
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question asked: 21 May '15, 21:43

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last updated: 30 May '15, 12:52

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