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Bonsoir,

Je termine actuellement ma deuxième année en Langues Etrangères Appliquées (LEA) à l'université de Toulouse. J'y étudie l'anglais, l'espagnol et l'allemand que je n'ai débuté que cette année. Malheureusement, je suis un peu perdue quant à mon choix d'orientation.

Je sais que les masters d'interprétation (notamment ceux de l'ISIT et l'ESIT, en France) n'acceptent que des étudiants pouvant justifier de 12 mois consécutifs minimum dans le pays de langue B et 6 ou 12 mois consécutifs dans le pays de langue C. De ce fait, j'ai retenu 3 options :

  • Partir en Belgique (à Bruxelles, notamment) pour obtenir là-bas un bachelier en traduction et interprétation, puis un master en interprétation, pour "contourner" les pré-requis des autres masters. Problème : je sais que ces pré-requis sont parfaitement justifiés et je crains donc que la formation dispensée en Belgique ne soit pas de bonne qualité / me pénalise au moment de chercher du travail. Et malgré mes recherches google, je n'ai pas réussi à trouver des avis ou témoignages concernant ces bacheliers. Sans compter que je ne pourrai - au mieux - qu'intégrer la formation en 2ème année.

  • Finir ma licence en France, en linguistique (sûrement avec une spécialisation terminologie, à Rennes notamment) ou en droit (à Paris), et ensuite partir travailler à l'étranger quelques années pour maîtriser mes langues étrangères et candidater aux masters français ou suisses à mon retour.

  • Partir à l'étranger pour apprendre la langue, tout en continuant mes études. Ce choix est celui qui m'attire le plus, mais il me semble difficile à réaliser sur le plan pratique. Mon choix s'était porté sur l'Allemagne en premier lieu. Problème : j'ai un niveau d'allemand relativement faible, qui me permet de mener une conversation simple mais sûrement pas de suivre des cours en langue allemande, qu'importe le sujet sur lequel ils portent. J'ai alors pensé aux Pays-Bas. L'avantage, c'est que je pourrais y pratiquer l'anglais et également apprendre le néerlandais, ce qui me permettrait, en plus, de parler une langue plus rare que l'espagnol ou l'allemand (je crois ?). Mais je ne pense pas pouvoir obtenir de passerelle avec ma formation LEA actuelle et même si je commence une formation en première année, je ne parle pas - encore - le néerlandais, donc même problème que pour l'Allemagne. Quant à l'Angleterre, je ne peux pas payer les frais d'études qui sont très onéreux.

J'aimerais aussi apprendre la langue des signes. Il y a une formation à Toulouse. D'autant plus que l'insertion professionnelle semble nettement meilleure qu'avec les langues parlées. Je pensais commencer cette apprentissage en parallèle avec mes études l'année prochaine.

La question est large, mais j'espère pouvoir trouver quelques conseils. Tout avis est le bienvenu !

Merci Justine

asked 22 Apr '15, 17:31

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MarieAnne
51114

edited 13 Mar, 14:03


Bonjour Justine,

Quelques précisions et un point de vue belge sur la question. Mon expérience concerne la FTI-EII à Mons.

Sur les séjours à l'étranger

Les études durent 5 ans : 3 ans de Bachelier et 2 ans de Master (interprétation ou traduction). Durant la 3e année de Bachelier, la grande majorité des étudiants partent entre 6 mois et 1 an dans une université partenaire l'étranger. La 2e année de Master comprend un stage professionnel en entreprise (en langue étrangère). Il n'est pas rare que les étudiants belges partent un an à l'étranger (Rotary, AFS, WEP, etc.) avant de commencer leurs études.

Sur la qualité de l'enseignement

Il est difficile de se prononcer sur la qualité des écoles et sur les débouchés professionnels autrement qu'au cas par cas. Cela dit, si une école sélectionne les meilleurs candidats dès l'entrée, comme c'est semble-t-il le cas en France, la probabilité est bien sûr très élevée que ces candidats soient toujours excellents à la sortie.

En revanche, lorsqu'il n'y a pas de sélection à l'entrée, c'est à l'étudiant de réfléchir de façon réaliste à son orientation durant ses études, avec l'aide des enseignants et des tests intermédiaires. Cela requiert une maturité dont certains sont malheureusement dépourvus.

D'une façon générale, en Belgique comme partout, peu d'étudiants sortent de l'université diplômés en interprétation de conférence (par rapport au nombre d'étudiants diplômés en traduction ou dans d'autres filières "langues modernes"). Parmi ces diplômés, pour un faisceau de raisons certainement explorées ailleurs sur ce site (combinaison linguistique, difficultés sur le marché, etc.), une fraction trouve rapidement du travail régulier en cabine .

Cela dit, mon expérience personnelle et celle de nombreux collègues (le terme "nombreux" étant à prendre au sens relatif, vu le petit nombre d'interprètes de conférence dans l'absolu) démontrent que les écoles belges offrent un cadre favorable pour que des jeunes étudiants, avec beaucoup de transpiration et un peu d'inspiration, puissent atteindre le niveau requis en cinq ans, même en commençant une langue à zéro en première année (sauf pour l'anglais et le néerlandais, où il y a des prérequis).

Pour choisir une école, des labels comme son appartenance à la CIUTI, à l'EMT ou à l'EMCI, sa reconnaissance par l'AIIC, la coopération avec les institutions internationales (ONU, UE) peuvent t'aider à t'orienter.

Sur la combinaison linguistique

A mon avis, l'allemand est souvent un bon choix.

Bonne chance !

Cédric

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answered 23 May '15, 04:54

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Cedric
40115

Salut Justine,

sans me lancer dans la comparaison de la qualité de l'enseignement en France et en Belgique, une chose est sûre : si l'ESIT et l'ISIT Paris n'acceptent que des gens ayant déjà consolidé leurs connaissances linguistiques et culturelles par le biais de séjours à l'étranger, puisqu'on s'accorde à dire que c'est les fondements sur lesquels on va construire le reste et sans lesquels on ne pourra rien construire de bon), il serait illusoire de penser que les écoles belges puissent combler l'absence d'un tel vécu et le substituer par des cours sur les bancs de la fac, aussi bons soient-ils.

Le système belge souffre de cette contrainte juridique qui l'oblige d'accepter tout venant qui pense avoir l'étoffe d'un interprète, et de le laisser continuer avec cette idée en tête jusqu'au jour de l'examen final, quand bien même le corps professoral serait d'avis totalement contraire dès la première année de master.

Dans l'immédiat, j'aurais tendance à te conseiller de finir ta licence : ce sera déjà ça de validé. Que ce soit une spécialité en droit ou en terminologie, les deux peuvent s'avérer utiles ultérieurement.

Partir à l'étranger avec un niveau de langue encore basique : le jeu n'en vaut pas la chandelle. Ce genre d'épopée de plusieurs mois n'a de véritable valeur ajoutée qu'une fois que tu as des bases solides et plus (C1 ou C2). Sans ça, l'expérience ne te sera pas pleinement profitable, puisque tu ne pourras pas avoir une discussion du niveau requis pour comprendre le pays et sa culture (littéraire, politique, sociale,...).

J'aimerais aussi apprendre la langue des signes. Il y a une formation à Toulouse, j'ai des amis qui la suivent, et ils m'auraient presque convaincue. D'autant plus que l'insertion professionnelle semble nettement meilleure qu'avec les langues parlées. Je pensais commencer cette apprentissage en parallèle avec mes études l'année prochaine.

Interprète en langue des signes et interprète de conférence te destine à deux mondes différents. Je suppose que le premier implique d'avantage de missions de type social, avec une demande permanente mais probablement aussi une rémunération plus modeste.

Interprète de conférence, c'est une demande fluctuante et des réalités extrêmement diverses suivant la combinaison linguistique. Avec FR A, EN-ES-DE C, tu aurais un profil intéressant pour débuter au sein des institutions européennes. Statistiquement, peu de gens réussissent le test, mais avec mes jeunes pairs, lorsqu'on regarde autour de nous, on se dit que c'est faisable, puisqu'on a réussi, nous. Le tout est d'avoir un plan B si jamais on n'y arrive pas... Et là, l'échappatoire serait d'avoir un anglais B. Mais avoir d'emblée un B et deux C en sortant d'école, c'est l'histoire du mouton à cinq pattes...

Quoi qu'il en soit, prends ton temps. Rares sont ceux qui réussissent diplôme et insertion professionnelle en seulement cinq ans. Parce qu'on manque de bouteille, d'expérience de la vie, d'assurance, de culture générale,... Si tu as un peu vécu avant, ce ne pourra être qu'à ton avantage. Quitte même à faire un master en autre chose (histoire d'avoir deux années de plus, pour apprendre / renforcer tes langues), avant de faire le pari hasardeux de te lancer dans des études d'interprétation.

Bonne chance !

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answered 23 Apr '15, 08:44

G%C3%A1sp%C3%A1r's gravatar image

Gáspár ♦
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Hello Justine,

It really does seem like you have an embarrassment of riches, and such a wide choice can be paralyzing. So ask yourself a few questions:

  • why do you want to be an interpreter?
  • Where would you like to work? For what kind of market?

These two questions will help you to understand where the best schools for you are, what languages you should focus on, etc.

If you are mainly interested in helping people to communicate, to get good advice from doctors, lawyers, to have their day in court, etc., that is one type of interpreting. If you are mainly interested in helping people and companies communicate, with some kind of evidence that you have helped, that would be another. If you are mainly interested in international relations, politics, history, the big topics, and helping to communicate those ideas, then that's a third type of interpreting. The first would be more public service interpreting, which has its own schools and norms. The second would be more private market interpreting, and the third conference interpreting. These last two overlap, and the same interpreting education will cover both of them.

As to the second question, if you see yourself in ten years working on the private market and/or conference interpretation market in Paris, then I would choose one of the Paris schools and improve your English so it could be a B language and you could work back and forth. I would then bring your Spanish and German up to excellent understanding levels, and you would have both private and institutional markets open to you.

If you see yourself working in Brussels for the EU, then find out what languages are most in demand in your booth, learn/improve those, and you could go to a school in Belgium, Paris, Germany, England...since the EU will test you if you meet certain minimum requirements, and they don't search in just one school.

As to sign language interpreting, what I know is in the US. SL interpreters have always been better organized in the US. Their working conditions have been met sooner and had traditionally been better than those of spoken language interpreters, again, in the US. About 15 years ago, I would see two SL interpreters working during a court case, while I was told that I had to work alone, whispering into the ear of my client. SL interpreters work at all levels, from public service to large conferences, so you still must answer the first question of why you want to be an interpreter.

Personally, if you want to work as a conference interpreter, I would suggest that you finish your education, maybe get another degree that has little to do with languages - law, international relations or engineering come to mind as they all come up in our work - and spend some time in the countries of your languages. Too many of the students who go straight trough school and uni and come out with their interpreting degree are too young or inexperienced in life, and those tend to be the ones who don't do a great job during their degree or who don't make it later. So take your time - in fact, the older students with other experiences tend to do best both in class and in the world afterwards.

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answered 22 Jun '15, 11:19

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JuliaP
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Bsr, Justine :-)

...un seul bémol, suite à la réponse - d'ailleurs excellente, comme à l'habitude :-) - de Gaspar: une langue des signes peut fort bien s'ajouter à une combinaison linguistique d'interprète de conférence, depuis que l'aiic les a accepté en tant que tel, il y à peine 3 ans; nous avons déjà deux collègues, parmi nos membres, qui ont des langues des signes dans leur combinaisons aiic, puisque comme pour n'importe quelle autre langue les LS aussi peuvent se pratiquer en conférence :-), ce qui est leur cas.

Ceci dit, le marché des conférences avec LS est encore assez réduit, ce qui voudrait normalement dire que elle serait, pour un débutant, pratiquée en effet surtout en contexte non-conférence, avec les contraintes dont parlait Gaspar.

Bon courage ... et bonne chance :-)!

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answered 23 Apr '15, 16:21

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msr
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