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Cher tous,

J'envisage de me lancer dans l'interprétation de conférence mais d'abord j'aimerai recevoir des avis honnêtes et réalistes de la part de professionnels. Alors voilà...mes langues de travail sont : FR A/EN-B/DE-RU C.

J'aimerai donc savoir, avant d'investir du sang et de la sueur, s'il est possible de faire carrière auprès des Nations Unies ET de l'OTAN au sortir des études. En parcourant ce forum, j'ai réalisé, qu'à coté de la combinaison de langue, d'autres facteurs entrent en compte (par exemple, pour travailler pour l'UE il faut 3 langues C et être basé, idéalement, à Bruxelles) mais aussi que les étudiants connaissent peu les rouages de la profession. Est-il vrai que l'ONU Genève n'engage que des interprètes en Suisse et à quelle fréquence l'ONU organise-t-il ses concours? Les perspectives de carrières auprès de l'UE ont été, à ma grande joie, discutées plusieurs fois et en détails, j'aimerai en savoir autant sur l'ONU. (journées de travail, rémunération,concours, domicile professionnel,...)

Donc s'il y a des interprètes des Nations Unies sur ce forum, n'hésitez pas à vous manifester! Answers are welcome in French, German and English.

asked 31 May '14, 04:15

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Sophie
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edited 31 May '14, 06:34

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Nacho ♦
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Hello Sophie,

One very important point to bear in mind is that freelancing for the UN system in Geneva is not a case of "putting all your eggs in one basket. The reason for this is that the UN proper (UNOG) and the specialised agencies (parties to the AIIC-UN system agreement on freelance pay and working conditions) all recruit separately and most, if not the majority, of colleagues in this sector rarely set foot in the Palais des Nations itself and yet still manage to make a perfectly respectable living, the reason being that UNOG has a big team of staff interpreters and the other organisations/agencies rely almost entirely on freelances. Having plenty of staffers means UNOG is also the de facto "gatekeeper" for newly-qualified freelances, given that it's the one that organises accreditation tests. Another point: be careful not to spread yourself too thinly amongst the different UN agencies as it takes time to assimilate jargon/procedures/political currents for each one and as a newcomer, there's a risk of falling flat on your face before you've really had time to find your feet.

The Geneva UN-system market is local to a very large extent, i.e. the organisations will recruit freelances with a professional domicile in Geneva unless they have absolutely no other choice. The ILO International Labour Conference in May-June is the most noteworthy example, where due to the scale of the event and the need for Russian, German and Portuguese, the local market simply doesn't have the manpower. Professionally domiciled in Geneva doesn't mean living in Switzerland and there are plenty of us who commute in from neighbouring France (myself included). Others have chosen to remain in their home country and fly in for work. This is most likely to be feasible if by dint of your language combination (i.e. you have solid Russian), you're getting contracts longer than a day or two and can offset the cost of travel, which you'd have to pay for yourself.

As Andy said, I wrote a little article with some ideas on getting started in the UN-system market a few years back. It's tough to predict how buoyant the demand for freelances will be at any given time but I like to hope the general tips are still valid.

Hope that helps! Alex

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answered 02 Jun '14, 10:15

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alex
952

Merci beaucoup pour ta réponse Alex. Comme je vois, le système onusien diffère à bien des égards de celui de l'Union européenne. Pour l'UE, le test d'accréditation a lieu à la Commission mais une fois l'examen réussi, l'interprète travaille pour TOUTES les institutions (s'il a la bonne combinaison de langue)et les agences européennes. Je pense qu'il en était de même pour l'ONU, i.e. qu'une fois le test réussi à l'UNOG, j'allais pouvoir travailler pour les différents sièges( NY, Nairobi, Genève),les différentes agences (surtout pour l'AIEA) et les autres organismes (l'UNESCO par exemple).

J'ai d'autres questions: Quelle est la fréquence des test d'accréditation? Dois-t-on passer un test dans CHAQUE agence? Peut-on établir deux domiciles professionnels? (puisque je compte travailler ET pour l'UE ET pour l'ONU)

Merci Merci

(02 Jun '14, 14:02) Sophie

The freelance test at UNOG is a bit of a slippery concept, in fact. Recent graduates, and indeed some interpreting schools, assume that passing it opens all the doors to the UN system. This is also the line taken by the UNOG interpretation service, logically, as they only hire people who have passed their test. Where the difficulty lies is with the other organisations party to the AIIC-UN agreement, which account for the lion's share of freelance contract days; I would say that there's a tacit assumption that newcomers should have passed the UN test but there is no formal "inter-institutional" recognition in place and the amount of value attached to passing the test varies considerably from organisation to organisation. In short, you've got to get out there and meet chief interpreters and depending on their manning needs and the rapport you strike up, take it from there! This sounds a bit quaint compared to the EU's computerised "clé en main" accreditation and recruitment but it also has a more human face and in this little close-knit world, that can have its advantages.

Multiple domiciles are not tolerated and indeed, AIIC members commit to keep a single domicile as a matter of ethics (you may change it once every six months). That shouldn't stop you also sitting the EU tests but the days of non-locals being flown into Brussels are over as we were far too expensive. I have occasionally had work from the EU in Geneva or for missions where I was a cost-effective option.

I can't speak for the other UN duty stations except to say that Nairobi sometimes hires freelances from Geneva.

(03 Jun '14, 03:34) alex

Forgot to mention that the freelance tests are organised by heads of booth. You should contact the relevant person to find out when the next one might be. For the EN booth it's been once a year recently but no idea about the other booths.

(03 Jun '14, 03:42) alex

Merci. Donc si je résume bien il n'est pas possible de travailler pour l'UE ET pour l'ONU puisqu'on ne peut avoir qu'un domicile professionnel. Une alternative serait peut-être d'en discuter avec les chefs interprètes des différentes agences et leur dire que ça ne me dérange pas de payer mon billet d'avion, pour autant que je sois prévenue à l'avance.

(03 Jun '14, 05:01) Sophie

Bonjour,

Pour répondre à Sophie, je lui dirais ceci: tu annonces une très bonne combinaison linguistique (si elle est réelle et pas seulement potentielle) car elle te permettra de travailler tant pour l'UE (sans le russe) que pour l'ONU (avec le russe). En fait, si ton russe est réellement opérationnel, il fera toute la différence. L'ONU, comme l'UE, ou toute autre organisation internationale, recrute avant tout localement (donc l'UE à Bruxelles et l'ONU dans ses villes-sièges). Sauf lorsqu'il lui faut absolument couvrir une combinaison linguistique: une bonne cabine française avec l'anglais et le russe basée à Bruxelles sera peut-être recrutée à Genève, voire à NYC, si l'ONU a réellement besoin de cette combinaison. Il faudra tout d'abord te faire connaître des organisations, bien sûr, et réussir leurs tests (dont la difficulté est comparable). Si tu rajoutes l'espagnol, tu seras d'autant plus intéressante pour l'ONU (et l'UE accessoirement).

Quant à l'OTAN, je crois qu'elle recrute essentiellement des cabines bilingues FR-EN, donc c'est un autre débouché éventuel, si tu travailles dans les deux sens.

En fait, un vrai free-lance a tout intérêt à ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier, comme tu dis. Moi, si je m'installais aujourd'hui sur le marché bruxellois, je me présenterais auprès des collègues de l'AIIC, en espérant qu'ils me donneront du travail sur le marché privé; et je passerais tous les tests des organisations susceptibles d'être intéressées par mon domicile (toutes celles basées à BXL) ou par mes langues (même en dehors de BXL, toutes les organisations ayant des missions à l'étranger, et le russe est une denrée rare). Une fois sur les listes des organisations, tu pourras faire un panaché de marché privé et d'institutionnel, en travaillant pour les uns et pour les autres en fonction de tes disponibilités et envies. Et sans jamais faire de "monoculture", ce qui peut s'avérer très coûteux...

Mais pour cela il faut 1) un bon diplôme et 2)une véritable combinaison linguistique comme celle que tu envisages.

Tu trouveras les conditions de rémunération négociées par l'AIIC avec l'ONU sur cette page

http://aiic.net/page/275/aiic-un-agreement-rates-last-update-january-2014/lang/1

et sur ce même site tu trouveras tout le détail des conditions de travail négociées dans le cadre de l'Accord AIIC-ONU (et d'autres Accords également):

http://aiic.net/agreements

Bonne chance!

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answered 01 Jun '14, 08:23

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Danielle
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Merci pour cette réponse très exhaustive. Je vais donc poursuivre sur ma lancée et rajouter d'autres langues (espagnol) si j'ai le temps. Penses-tu que le russe sera toujours aussi demandé d'ici deux ans? Parce que comme vous l'avez tous souligné dans différents posts sur ce forum, la demande fluctue et n'est malheureusement pas prévisible...Et j'ai donc peur d'investir dans une combinaison qui soit désuète d'ici 2 ou 3 ans...

(01 Jun '14, 09:05) Sophie

C'est l'une des 6 langues officielles des Nations-Unies et l'ONU n'a pas annoncé de changement de sa politique linguistique. Donc, la demande devrait se maintenir.

(01 Jun '14, 10:12) Danielle

D'accord. Une dernière question concernant les concours d'accréditation. Je sais que l'Union européenne organise des concours de recrutement pour les interprète freelance deux fois par an. Sais-tu ce qu'il en est concernant l'ONU? Merci

(01 Jun '14, 13:33) Sophie

L'ONU organise regulièrement des tests pour FL, mais je n'en connais pas la périodicité exacte. Elle organise aussi des concours (pour des places de permanents) lorsqu'il y a des postes à pourvoir. Il suffira de contacter le chef-interprète, diplôme en poche ;-)

(01 Jun '14, 14:10) Danielle

Good advice from Danielle, however the following... "je me présenterais auprès des collègues de l'AIIC, en espérant qu'ils me donneront du travail sur le marché privé" seems very unlikely for a beginner. There are a lot of interpreters in BXLs (probably 100+ in the FR booth alone) and only a small private market. It can't hurt to try, but I wouldn't get your hopes up. Interpreters often find themselves working exclusively for the EU whether they want to or not simply because of the huge number of interpreters in BXLs, the huge amount of work the EU offers at very long term and the small crowded private market.

(02 Jun '14, 04:14) Andy

"C'est l'une des 6 langues officielles des Nations-Unies et l'ONU n'a pas annoncé de changement de sa politique linguistique" A change in funding (policy, but not language policy) can affect interpreting recruitment. For example the same meetings take place, but with no interpreting, or with fewer languages, eg no Russian, or no Spanish (which has been the case at UNESCO recently). These don't make the news as "changes to language policy" but they seriously affect how much work is dished out to certain interpreters.

(02 Jun '14, 04:16) Andy
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Il est sûr qu'avec le russe, Genève est un domicile professionnel plus recommandé que Bruxelles. Il n'en reste pas moins que, bien souvent, les débutants sont exclusivement tributaires du bon vouloir des institutions de BXL parce qu'ils sont convaincus qu'on ne peut pas se faire une place sur le marché privé. Or, il y a des jours où des cabinets sérieux, comme CII par ex., ont du mal à trouver des interprètes (en période de pointe). Nous avons tous commencé un beau jour parce qu'il n'y avait plus personne de libre avec nos langues ou parce qu'un collègue était tombé subitement malade. Mais encore faut-il que les recruteurs sachent que vous existez...

(02 Jun '14, 04:30) Danielle

Merci à tous les deux. De toute façon j'adore le russe. Donc je vais continuer dans cette voie là et rajouter une autre langue de l'UE d'ici l'obtention de mon diplome (je suis née de mère espagnole donc je pense qu'un espagnol C soit à ma portée). A côté des examens institutionnels et des réunions organisées par l'AIIC, comment procéder, pour reprendre les termes de Danielle, pour faire savoir aux recruteurs que j'existe? (je ne sais pas s'il y a déjà eu un post là-dessus.)

(02 Jun '14, 05:15) Sophie
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En étant pré-candidate à l'AIIC, tu pourras assister aux réunions et te renseigner auprès des collègues locaux. Tes professeurs devraient aussi pouvoir te conseiller et te recommander auprès d'interprètes-conseils qu'ils connaissent. Mais d'abord, le diplôme!First things first...

(02 Jun '14, 05:25) Danielle

Hi Sophie, It's worth acting on what both Danielle here, and Alex below, recommend - namely getting out there and meeting the people who might be able to give you work. That's certainly right. Noone will come to you if they don't know you exist!

(03 Jun '14, 04:57) Andy
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I can't really answer for the UN or Switzerland, but in general terms aiming to work as a staff interpreter only is an ambitious starting point. And you can only be staff at one institution, where you mention the UN and NATO, so presumably you're thinking of being freelance. Aiming to work for the UN straight out of school may be ambitious and aiming to work only for the UN as a freelancer may leave you a little exposed - if they change their recruitment patterns suddenly (which happens at institutions occasionally) then you may be left high and dry (with no work). A case in point and also relevant to your question, is NATO, for example, which has radically reduced freelance recruitment in the last year or so and is trying to do all it's work with staff only.

You're more likely to need and want to do some private market work - to gain experience as well as earn money - as you work towards institutional tests or staff posts. Your question might be better rephrased "s'il est possible de faire carrière à Genève avec cette combinaison".

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answered 31 May '14, 15:34

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Andy
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Merci pour ta réponse Andy. En effet, je parlais des examens d'accréditation pour devenir freelance. En fait, on dit souvent qu'il ne faut pas mettre tous ses oeufs dans le même panier...Je comptais viser ET l'Union européenne (en ajoutant un autre C) ET les Nations Unies. Pour être honnête, ces institutions m'attiraient beaucoup mais comme tu l'as si bien dit, j'ai l'impression qu'il est beaucoup plus difficile d'y entrer qu'à l'Union européenne...Cela dit il est déjà arrivé que des étudiants réussissent le test freelance à l'ONU peu de temps après l'obtention de leur diplôme, c'est pour ca que j'avais posté ce message.

(31 May '14, 16:50) Sophie

Donc en fait la meilleure chose à faire est d'ajouter une ou deux autres langues C (j'ai une bonne connaissance du néerlandais) dans l'optique d'intégrer les institutions européennes et pouvoir vivre de l'interprétation.

(31 May '14, 16:55) Sophie

That's one option. But you might be able to make a living on the private market in Geneva with your current languages, with or without the UN. But other colleagues will have to answer that question. I'm sure there are recent graduates working successfully in Geneva who can help out with an answer.

(01 Jun '14, 02:22) Andy

Encore une fois, merci. Il est vrai que je pourrai vivre à Genève avec ma combinaison mais je souhaite rester à Bruxelles après mes études. Je pourrai toujours travailler sur le marché privé, mais comme on dirait en anglais "times are tough" et j'ai l'impression que la concurrence est très rude voire même déloyale sur le marché privé à Bruxelles. Penses-tu que ça dérangera un interprète de l'ONU si je le contact via son adresse email disponible sur l'AIIC?

(01 Jun '14, 05:44) Sophie

The worst that can happen is that they don't reply! So go for it. You could try Alex Williams. He's been very helpful to new colleagues in the past, for example, have you seen this... http://interpreters.free.fr/misc/startinggeneva.htm (of course it may be more useful for you to find someone in the FR booth)

(01 Jun '14, 07:05) Andy

Merci pour ce lien utile Andy. J'ai en effet trouvé la réponse que je cherchais :"Geneva is a local market by and large; unless your language combination is particularly sought-after, you are unlikely to get regular work unless you establish Geneva as your professional domicile. This does not mean that you need to live there but bear in mind that more often than not, work will be last-minute and for the odd day."...Les Nations Unies ont donc les mêmes règles que l'Union européenne. Je pense qu'il est plus raisonnable de viser les institutions européennes pour quelqu'un qui compte vivre à Bruxelles à long terme.

(01 Jun '14, 07:16) Sophie
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J'aimerai donc savoir, avant d'investir du sang et de la sueur, s'il est possible de faire carrière auprès des Nations Unies ET de l'OTAN au sortir des études.

ONU et UE, oui, ça arrive.

Pour l'OTAN en revanche, je crois que concours de fonctionnaire et accreditation freelance confondus, le dernier cas de pretendant a avoir ete a la hauteur directement apres l'obtention de son diplome remonte à 1988. Le minimum semble etre quelques annees de bouteille et un B tres solide. Il n'est pas rare que les collegues ne se fassent accrediter la bas qu'a l'age de 35-40 ans.

---edit---

L'actualité récente montre que l'OTAN est possible aussi pour des jeunes de moins de 30 ans, tant pour devenir freelance que fonctionnaire. Mais ils se comptent sur les doigts d'une main, comme le dit JuliaP.

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answered 02 Jun '14, 10:04

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Gáspár ♦
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edited 31 Jul '15, 05:03

Merci pour ta réponse. Penses-tu qu'il soit possible de se faire une place sur le marché privé à Bruxelles? Merci.

(02 Jun '14, 14:21) Sophie

@sophie. Ce n'est pas forcément simple, mais c'est tout à fait possible avec un FR:A / EN:B / DE:C, à condition que

  • l' EN:B soit très solide.
  • le FR:A soit parfaitement maîtrisé (ce qui me semble malheureusement être devenu l'exception chez les interprètes de cabine française frais émoulus)
  • la culture générale soit bien assurée.
(02 Jun '14, 14:37) Vincent Buck ♦♦

J'en prends bonne note. J'imagine qu'on décroche des contrats en se faisant connaitre grâce aux réunions organisées par l'AIIC. Mais je tiens à varier mon travail plus tard, je veux absolument travailler pour les organismes institutionnels (UE et ONU) et, dans la mesure du possible, pour le marché privé.

(02 Jun '14, 15:59) Sophie

À mon avis, devenir interprète pour « absolument » travailler pour les institutions est un peu risqué. Rares sont les interprètes qui réussissent les tests (pour lesquels le diplôme est obligatoire) et il est difficile de prévoir quelles langues seront recrutées. Ta véritable aspiration est-elle de travailler pour une institution internationale ? Si c'est le cas, l'interprétation est loin d'être l'option la plus efficace.

(03 Jun '14, 03:13) Camille Collard

Non. Je souhaite être interprète et avec ma combinaison, en rajoutant une ou deux langues C, l'Union européenne semble être la meilleure option.

(03 Jun '14, 05:16) Sophie

J'abonde un peu dans le sens de Camille. Tous ceux qui le veulent n'y finissent pas pour autant et finalement, on fait ce qu'on peut avec ce qu'on a. Les langues ne font pas tout, parfois on est pris à défaut sur un autre aspect, malgré une combinaison époustoufflante.

Si tu as véritablement d'ores et déjà un EN B et RU C , peut-être serait-il plus pertinent d'envisager un début à Genève : Tu pourrais concentrer tes efforts sur une combinaison déjà solide et sur l'apprentissage des techniques d'interprétation, sans en plus devoir ajouter de nouvelles langues dans l'immédiat et disperser tes efforts.

Sinon, pour avoir une probabilité de réussite plus importante que la moyenne (sans être une garantie pour autant), le programme est ambitieux. Faire une licence (ou idéalement un master) non-linguistique tout en apprenant une 3ème langue C UE à côté, puis suivre l'une des formations qui te donnent les meilleures chances de réussite en master d'interprétation de conférence. Avec tous les sacrifices (financiers mais pas que) que cela comporte, impliquant que tu quittes Bruxelles pour environ 3 ans au moins, et sans doute (si la licence n'est pas encore acquise), six à sept ans d'études à rythme soutenu... Ca en vaut le coup quand à l'arrivée on réussit.

Parmi les 10 candidats au dernier test d'accréditation UE cabine française, combinaison ACCC, un seul a réussi.

Le tout est d'en être conscient avant de se lancer et de se donner à fond. :-)

(03 Jun '14, 05:33) Gáspár ♦

C'est curieux...je pensais que la difficulté de l'examen final en école était similaire à l'examen d'accréditation pour l'Union européenne. Autant pour moi!

(03 Jun '14, 08:42) Sophie

Le niveau des tests est comparable, oui.

Mais les études d'interprétation sont déjà exigeantes (30% de réussite en master) et les test d'accréditation aussi (25%). Je ne suis pas convaincu que l'on puisse mener de front ce défi et l'agrémenter de l'apprentissage d'une ènième langue.

C'est comme devoir choisir entre faire un biathlon ou un triathlon aux J.O., alors qu'on pratique à haut niveau le premier depuis des années (là encore, dans l'hypothèse que ton EN et RU soient bien respectivement à niveau B et C) mais qu'on devrait démarrer de zéro l'apprentissage d'une nouvelle discipline pour le second.

Ce n'est pas parce que le niveau des épreuves est comparable que le niveau que tu pourras présenter le sera.

Un vaut mieux que deux tu l'auras ?

Et une fois que tu as de quoi payer ton loyer, tu pourras encore changer de crèmerie et de combinaison comme l'ont fait certains collègues. Mais ne pas miser sur ta force qui est le RU serait réduire tes chances de réussite.

Si tu restes sur l'idée d'ajouter le NL, en imaginant que ça marche pour le diplôme, garde aussi à l'esprit qu'il n'est pas impossible que l'ONU te prenne mais pas l'UE. Nombre de collègues voulant bosser à X-ville se sont retrouvé à Y-ville au gré des réussites et échecs aux tests. Et au final, c'est la main qui les nourrit qui détermine où ils vont vivre, s'ils veulent vivre en interprétant. Things often don't go by plan, il faut y être préparé. Et probablement, ne pas se limiter ab initio uniquement à Bruxelles si l'on veut être interprète.

(03 Jun '14, 11:13) Gáspár ♦

Merci Gaspar,

Pour revenir à ton édit, donc c'est possible d'entrer à l'OTAN pour les moins de 30 ans. Combien d'années d'expérience faut-il avoir pour être éligible au test.

Merci Gaspar :)

(31 Jul '15, 06:18) Sophie
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To come back to Gaspar's answer on NATO, there have been two interpreters hired as staff straight out of school since 1988, one less than 10 years ago. There are also at least two interpreters who have been hired as either staff or freelance with about one year of experience on the market. Of course, the fact that they can be counted on the fingers of one hand means the number is still very low.

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answered 12 Jul '14, 18:05

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JuliaP
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Est-il vrai que l'ONU Genève n'engage que des interprètes en Suisse et à quelle fréquence l'ONU organise-t-il ses concours?

Les locaux sont privilégiés, à combinaison et qualité égale, puisqu'ils sont plus flexibles. Les tests freelance ont lieu suivant les besoins, généralement une fois par an. Les concours sont plus rares. L'accréditation freelance acquise dans un Office (Genève, Nairobi, Vienne,...) ne vaut que pour ce même office. Une accréditation obtenue à New-York est reconnue partout.

Les modalités du test freelance varient dans le temps et sont parfois propres à l'Office qui l'organise. Un MA en interprétation de conférence n'est pas toujours nécessaire, mais cette absence de prérequis tend à disparaître (à Genève du moins). Le test est parfois/généralement/souvent (?) composé de quatre à six épreuves, deux à trois simulanées par langue, dont la troisième est une simultanée avec texte. Les simultanées sont des discours réels qui ont été prononcés par le passé dans des réunions ONU / l'assemblée générale. D'usage, le candidat n'a que la bande audio, mais pas l'image. Il n'y pas de consécutive.

Voir aussi :

http://interpreting.info/questions/6695/unog-test-for-freelance-interpreters

http://interpreting.info/questions/672/will-the-un-need-new-english-language-interpreters-anytime-soon

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answered 22 Sep '15, 13:39

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Gáspár ♦
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edited 22 Sep '15, 13:39

Merci Gaspar pour toutes ces réponses. En fait je me demandais s'il valait vraiment la peine d'ajouter le russe, étant donné qu'ils recrutent localement, à l'instar de l'Union européenne. Maintenant, de ce que j'ai entendu, les interprètes travaillent surtout pour les agences, et pas tant pour les sièges. Donc peut être serait il possible d'être basé à Bruxelles, travailler pour le SCIC et aussi pour l'UNESCO par exemple...Sinon je vais devoir prendre une décision entre le SCIC ou l'ONU il me semble.

(22 Sep '15, 14:09) Sophie

Avoir une combinaison qui permet de travailler sur deux marchés différents (UE/marché privé, UE/ONU, ONU/marché privé) te met à l'abri de coups de théâtre... Il y a des gens qui n'ont qu'une combinaison UE et qui n'ont pas réussi l'accréditation après plusieurs tentatives, idem pour l'ONU. D'autres qui n'ont eu qu'un seul client pendant des années aujourd'hui voient leurs revenus diminuer suite à une chute dans la demande et sont en situation de dépendance/précarité.

(23 Sep '15, 08:56) Gáspár ♦
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last updated: 23 Sep '15, 09:09

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