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// Sujet scindé à partir de la discussion http://interpreting.info/questions/35648/what-to-expect-on-the-private-market-in-brussels //

Je viens de lire attentivement la discussion portant sur "Tous les diplômés ne deviennent pas interprètes (?)" et me dis qu'en sortant de l'université, la vraie "galère" ne va que commencer... Certes, pas mal de personnes nous ont avertis des débuts difficiles, mais je n'imaginais pas que seuls 22% de rescapés persévéraient en moyenne. C'est un peu frustrant de se dire qu'on a suivi six années de formation, en y mettant toute son énergie, pour au final ne pas savoir s'il vaut la peine de se battre pour sa passion ou plutôt de se contenter d'un métier stable, mais pas forcément satisfaisant au niveau personnel.

À cette incertitude vient s'ajouter la crise sanitaire. Je ne sais pas quel est ton avis par rapport à la situation actuelle: as-tu l'impression que la crise de la Covid minimise davantage les chances de s'établir sur le marché belge pour les fraîchement diplômés ? J'imagine que les réunions commencent à reprendre petit à petit, mais la demande en interprétation est-elle susceptible de diminuer d'une manière générale au vu des nombreux plans de réduction budgétaire dans les différents secteurs ?

Merci de m'avoir envoyé le lien pour le test d'accréditation à la Cour. Je suis très tentée par ce stage. Cependant, mon parcours un peu particulier fait que je n'ai pas une très bonne moyenne alors que les points sur le diplôme sont sans doute un critère de sélection. Disposerais-tu des informations plus précises quant aux critères de sélection ?

asked 28 May, 05:23

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Interpreter1995
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edited 28 May, 06:03

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Gaspar ♦♦
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C'est un peu frustrant de se dire qu'on a suivi six années de formation, en y mettant toute son énergie, pour au final ne pas savoir s'il vaut la peine de se battre pour sa passion ou plutôt de se contenter d'un métier stable, mais pas forcément satisfaisant au niveau personnel.

Il y a une part de prédisposition acquise et des choix préalables (combinaison linguistique) qui vont être déterminants. Mais au final, c'est un peu comme le conservatoire... tout le monde ne finira pas chanteur d'opéra et c'est (au moins partiellement) en connaissance de cause qu'on tente l'aventure.

as-tu l'impression que la crise de la Covid minimise davantage les chances de s'établir sur le marché belge pour les fraîchement diplômés ?

Trop de variables pour répondre. Un jeune diplômé a l'avantage d'avoir des coûts réduits, comparé à mes collègues qui ont des mensualités de 1.700€ pour leur crédit immo et qui n'ont pas vu l'intérieur d'une cabine depuis trois mois.

Il faut aussi tenir compte de l'inflation de l'offre, dans un contexte où les freelance UE n'ont plus de travail (et à qui il a été en partie annoncé que les recrutements réguliers ne reprendraient pas avant 2021 à Bruxelles). Ceux-ci deviennent disponibles sur le marché privé et s'ajoutent à l'armada de collègues expérimentés qui ont probablement plus de langues qu'un débutant.

Si dans le segment de marché inférieur, les reconversions forcées se multiplient, entre l'excédent d'offre chronique et la disparition subite de la demande,... la nouvelle génération, si elle est encore en vie au moment de la relance de la demande, bénéficiera peut-être d'un appel d'air.

De ce point de vue là, se trouver un job alimentaire à temps partiel, tout en maintenant un niveau de vie étudiant, en continuant à s'entraîner et en ajoutant une langue reste la formule magique valable pour gagner la partie.

la demande en interprétation est-elle susceptible de diminuer d'une manière générale au vu des nombreux plans de réduction budgétaire dans les différents secteurs ?

Il faudrait demander à ceux qui étaient déjà établis sur le marché en 2008... Même si ces témoignages ne seront qu'anecdotiques, tant les réalités des uns et des autres peuvent être divergentes, y compris au sein d'un seul et même secteur.

Merci de m'avoir envoyé le lien pour le test d'accréditation à la Cour. Je suis très tentée par ce stage. Cependant, mon parcours un peu particulier fait que je n'ai pas une très bonne moyenne alors que les points sur le diplôme sont sans doute un critère de sélection. Disposerais-tu des informations plus précises quant aux critères de sélection ?

Je ne suis pas dans le secret des Dieux, mais je crois que les collègues qui font la sélection ont assez d'expérience pour ne pas juste se fier aux notes, pourvu qu'on leur explique la cohérence et la pertinence du parcours pour devenir interprète. On a des collègues qui ont été dans la marine, d'anciens vétérinaires,... les détours, errances, et échecs font partie de la majorité des parcours et sont autant d'expériences utiles pour arriver à destination. Ceux sortis avec 17 de moyenne à 22 ans ne sont pas toujours (bien au contraire) ceux qui réussissent le mieux par la suite.

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answered 28 May, 06:51

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Gaspar ♦♦
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"Je ne sais pas quel est ton avis par rapport à la situation actuelle: as-tu l'impression que la crise de la Covid minimise davantage les chances de s'établir sur le marché belge pour les fraîchement diplômés ?"

Oui. Mais pas que le marché belge; les marchés en général. Franchement, j'ignore pour quoi on essayerait de s'établir dans une profession qui d'une part exige une formation et initiation qui sont couteuses, longues, et éprouvantes et d'une autre dont le statut final dans le plupart des cas est celui d'un faux indépendant qui dépend que de quelques (ou d'un seul) employeurs mais sans aucune protection de travail. Actuellement, nombreux interprètes auxiliaires chevronnés de l'UE se manifestent aux médias, aux réseaux sociaux, et sur place devant les Institutions Européennes pour revendiquer une aide financière après que l'organisation, malgré leurs années de travail et dévouement, les a abandonnés à leur triste sort, sans revenue et sans possibilité de percevoir les aides que plusieurs états européens ont proposé à leur populations....

Donc ma question est, pourquoi il y a tellement envie de s'y rejoindre à eux?

Il y a toute sorte de travail temporaire qui est moins exigeant et d'autres professions dont les praticiens sont généralement des employés fixes ou des indépendants vraiment indépendants. Et si c'est pour se manifester, même là, il y a plein d'autres manifestations déjà en cours pour lesquelles aucune diplôme n'est nécessaire.

"J'imagine que les réunions commencent à reprendre petit à petit, mais la demande en interprétation est-elle susceptible de diminuer d'une manière générale au vu des nombreux plans de réduction budgétaire dans les différents secteurs ?"

Ce ne serait pas un choc pour les raisons que vous signalez. Il faut toujours suivre l'intuition et son propre bon sens. S'il y a quelque chose au fond de soi qui prévient que se lancer dans une formation longue et couteuse pour exercer un metier déjà difficile dans une situation de précarité précarisée encore par une pandémie n'est pas peut-être la meilleure décision à prendre pour son bien-être, il y a certainement une raison.

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answered 08 Jun, 09:39

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Jonathan
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Bonjour Jonathan,

Merci de votre réponse circonstanciée.

Me trouvant actuellement à la fin de cette formation "couteuse, longue, et éprouvante", retourner en arrière n'est plus envisageable et encore moins ce que je souhaite faire. Certes, le métier d'interprète est synonyme de beaucoup d'incertitudes et de difficultés, réalité à laquelle les étudiants sont peut-être souvent ramenés (trop) tard, mais je crois profondément que si l'on s'engage dans un projet par passion et par conviction, franchir de nombreux obstacles importe peu.

Je tiens compte de vos avertissements qui confirment les doutes que j'ai, mais espère tout de même, peut-être naïvement, qu'en travaillant dur pour notre passion, nous, les jeunes interprètes, réussirons à trouver notre place sur le marché belge, une fois cette crise passée.

Cordialement,

(08 Jun, 15:19) Interpreter1995
1

Jonathan,

quelques réserves :

1) Tout diplômé sortant d'université, alors que l'économie vient de se prendre une crise sur le coin de la tronche et d'encaisser les premiers effets d'une récession, est susceptible de connaître une difficulté accrue d'intégration sur le marché du travail.

Ça ne préjuge en rien de la viabilité dans l'absolu d'un plan de carrière.

Les débuts dans la profession d'avocat et même de médecin libéral sont aussi durs qu'en interprétation. Absence de débouchés pour autant ? Non.

La nature indépendante du travail nécessité que l'on fasse connaître son entreprise, ergo, soi-même. Ca prend du temps.

2) Dans les professions essentiellement salariées, la crise aussi va se faire sentir. On enverra 300 CV, on passera des entretiens avec 50 autres concurrents pour le même poste, on fera des stages,... En attendant des jours meilleurs.

3) Le marché UE est, dans l'ensemble, une source très stable de revenus. Une perte de 1,7% de journées en dix ans ne devrait pas être un problème pour un indépendant qui fait preuve de prudence : http://interpreting.info/questions/35648/what-to-expect-on-the-private-market-in-brussels

4) Nous sommes une profession qui historiquement semble avoir aspiré à son statut d'indépendant. S'en servir pour illustrer une prétendue précarité générale serait fallacieux.

5) S'il y avait des professions où l'argent pousse aux arbres et où tout début est facile, je suppute que nombre de collègues freelance qui prédisent la fin de la profession se seraient déjà reconvertis. Le phénomène, s'il existe, semble tout au plus anecdotique.

6) Dans la même veine, si l'interprétation ne permettait qu'une vie de misère, on aurait déjà rajouté des langues ou diversifié nos activités, voire raccroché nos écouteurs. Pourtant, nous sommes encore là, toi y compris, malgré l'image peu optimiste que tu dépeins. Et si on peut en vivre, voilà qui suffit à motiver des plus jeunes que nous à rejoindre nos rangs.

(10 Jun, 13:10) Gaspar ♦♦
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last updated: 11 Jun, 05:38

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