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How important is the accent in the French booth?

As interpreting students from Canada, my colleagues and I have often been told that we would need to "neutralise" my Quebec accent if we ever wanted to work in the French booths in Europe. I'd like to point out here that we don't use slang, and that our "working" accents are easily intelligible - the most common comment we got is that it was simply a matter of tastes.

I was wondering if anyone had some insight on that? It doesn't have to be Quebec-specific, just accents that aren't from France. I know mentalities are changing, but the feeling I got from the professionals I spoke to is that it would be difficult to find work if we don't adopt a French accent or at least an "international" accent.

I would love to hear from your experiences :)

asked 19 Feb, 15:03

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marielavigueur
61126

edited 19 Feb, 15:03


Hi Marie, I’ll see if I can find out more but the fact that this is still an issue in 2019 bothers me to no end.

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answered 21 Feb, 09:48

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Alexander
261127

Thank you, I really appreciate it!

(25 Feb, 16:52) marielavigueur

I'd like to point out here that we don't use slang, and that our "working" accents are easily intelligible (…) I know mentalities are changing, but the feeling I got from the professionals I spoke to is that it would be difficult to find work if we don't adopt a French accent or at least an "international" accent.

Je rencontre de nombreux étudiants belges francophones qui sont convaincus qu’ils sont compréhensibles et qu’ils n’utilisent pas de régionalismes… jusqu’à ce qu’au cours de leurs études, ils soient confrontés à des étudiants français qui ne comprennent pas le signifié de certains mots qu’ils emploient.

A même titre, je suis convaincu de ne pas avoir d’accent et d’être facilement compréhensible de tous… alors que dès que je quitte ma région parisienne natale, on me fait remarquer que la moindre phrase qui quitte mes lèvres trahit où j’ai été scolarisé (autant que le sens que j’accorde à certains mots m’expose à des malentendus).

Donc, d’emblée, j’aurais tendance à me méfier de l’affirmation que l’on serait facile à comprendre. Il faut garder à l’esprit que :

  • écouter un interprète est éminemment fatigant ;

  • les grandes langues ne sont pas uniquement écoutées par des locuteurs natifs, et ces allophones auront généralement appris la version standard de la langue (RP English ; Hochdeutsch ; français de France, voire parisien) ;

  • les deux considérations précédentes s’appliquent aussi aux collègues tributaires d’un relais que l’on est amené à donner ;

  • (tous) nos clients ne sont pas en mesure de (pleinement) juger la qualité de notre travail et seront (peut-être) plus ou autant sensibles à la forme qu’au fond ;

  • un biais inconscient vis-à-vis des accents comme indicateurs d’origine sociale est possible (alors qu’on s’évertue à se présenter comme des professionnels, d’éducation universitaire, particulièrement qualifiés) ;

  • si l’on vend une solution, l’acheteur ne se contentera peut-être pas d’un service qui ne sera « pas trop compliqué » et ne demandera « qu’un peu plus d’efforts » comparé à la concurrence, mais voudra quelque chose d’intuitivement utilisable ;

  • quand la vitesse s’accroît, que la fatigue s’installe, que les choses se compliquent, le naturel revient au galop. Si dans ces moments-là, l’intelligibilité diminue de manière exponentielle, il y a une dissonance entre ce qu'on fournit et ce qu'on devrait fournir.

Si à l’aune des éléments qui précèdent, la compréhension de l’accent ne pose pas de difficulté majeure, y compris pour les auditeurs dont le français n'est pas la langue maternelle, c’est que le code-switching est suffisant. Ce changement ne se limite pas aux accents régionaux, mais porte aussi sur le registre. A accent constant, ce que je produis comme français en cabine est à des années lumières des mots que j'éructe dans la vie de tous les jours et qui laisseraient croire que je viens d'une famille de chiffonniers. La doctrine parlerait probablement de convergence telle que définie dans la théorie de (Howard) Giles.

Pour ce qui est du marché UE, l'accent n'est pas évalué en tant que tel. Le formulaire qui sert à structurer les réflexions du jury, on trouve cependant une section intitulée form and delivery, sous-divisée comme suit :

1) quality of the target language (correct grammar, idiomatic language, rich vocabulary, correct terminology, appropriate style/register, interference from source language).

Là, des régionalismes, surtout lorsque des calques à partir de l'anglais (qui sont peut-être plus admissibles au Canada mais ne sonneront pas bien pour un auditeur de l'ancien continent), pourraient faire perdre des points.

2) communication skills (fluency of delivery: quality of the voice, intonation, diction, verbal fillers, microphone discipline ; stamina).

Cette fois-ci, l'accent pourrait nuire, en termes de diction.

Au moins une organisation à Bruxelles compte parmi ses fonctionnaires deux collègues qui ont travaillé ou étudié à Ottawa... mais si accent il y a, celui-ci n'est que présent en doses homéopathiques et leur français est, si je ne m'abuse, un excellent B plutôt qu'un A.

Deux autres collègues qui travaillent à Ottawa à ce jour doivent parfois s'y prendre à deux ou trois reprises avant que je ne comprenne leur flot de paroles, et c'est lié tant à l'accent (ou plutôt : à mon oreille) qu'aux expressions idiomatiques qui me sont inconnues, quand ce n'est pas les différences de syntaxe qui instillent le doute. Mais on ne converse qu'en dehors de la cabine et dans des situations où la fatigue est souvent déjà présente, ce qui rend difficile toute spéculation sur ce que ça donnerait au micro.

Bref, si l'on veut boucler la boucle, on peut retenir qu'il est aussi difficile que quantifier l'intensité d'un accent qu'il va être difficile de dire où se situe exactement le curseur.

Et peut-être que la question mérite d'être formulée de manière plus large : qu'est-ce qu'un jeune diplômé d'outre-atlantique a à offrir au marché européen, que les vieux singes n'ont pas déjà ? L'accent n'est peut-être qu'un élément parmi d'autres dans la dimension de proximité et de confiance : est-ce que les marchés qu'on brigue n'ont pas tendance, à supposer que la qualité de la formation et l'expérience soient égales, à favoriser les jeunes diplômés des écoles locales (dont on aura eu les étudiants en stage, dont on connaît les formateurs qui auront fait remonter informellement des informations, écoles dans lesquelles on se sera rendu en tant que recruteur privé ou institutionnel) ?

Enfin, rien de tel que le retour d'expérience : que sont devenus les diplômés de (je présume) Glendon, sur quels marchés ont-ils fini, combien ont tenté le pari de l'Europe et l'ont relevé avec succès, etc. ?

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answered 24 Feb, 14:37

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Gaspar ♦♦
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edited 24 Feb, 14:42

Nous exerçons une profession et prêtons un service à des clients qui souhaitent comprendre sans effort. L'accent et la qualité de la voix sont des avantages comparatifs pour un interprète. Cette formation fait partie des curricula universitaires. Un client qui doit faire un effort additionnel pour comprendre un accent ou pour supporter une voix désagréable, préférera recruter un autre interprète (ou s'en passera de l'interprétation).

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answered 25 Feb, 09:16

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Angela
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I don't think you should necessarily see this as a Canada-versus-France thing. It's really a Paris-versus-the Rest of the world. The "French" interpreting market in France is huge, (80,000 interpreter days in 2008 which was the same size as the EU Commission at the time) but it is a Paris market and the Parisians (one could argue) don't like anything from outside Paris. That includes Belgian French, Swiss French (try saying octante-cinq at a meeting in Paris!!) and of course Canadian French. And it doesn't just affect interpreters. There have been press articles about politicians mocking other accents and how hard it is for anyone to get on in Paris if they have an accent. It's a shame and doesn't do France, Paris or the French-language any favours but it's there and as interpreters we have to adjust to the customers.

To give you a comparison from the English booth - most American and British colleagues have softened their accents, either deliberately or by just dint of being in an international environment for so long. There are no hard New York accents the one Kentucky drawl I can think of is probably just the exception that proves the rule. Similarly British regional accents are detectable amongst colleagues but very very gentle compared to the originals.

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answered 04 Mar, 14:15

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Andy
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edited 04 Mar, 19:52

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