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Bonjour à tous,

Actuellement en licence LLCER Anglais – Espagnol, je poste ce message car je suis très intéressé par le monde de l’interprétation et aimerais moi-même devenir interprète de conférence. J’aimerais donc vous poser quelques questions et vous serais très reconnaissant si vous pouviez m’éclairer sur certains points. Je ne connais personne de mon entourage travaillant dans ce domaine, et voudrais en savoir un peu plus sur le quotidien d’un interprète. Par exemple, j’ai entendu qu’au début de sa carrière l’interprète est amené à travailler en « free-lance », et qu’il doit se faire une certaine réputation avant de trouver une place dans différents organismes ou institutions. Est-ce que vous savez si cette période peut se révéler difficile financièrement ou être accompagnée d’une incertitude au niveau du travail ?

De plus, mon objectif final est d’être employé dans une institution européenne tel que le Parlement européen. Savez-vous si ces institutions sont réservées à une véritable élite, où s’ils sont accessibles à partir du moment où l’on s’en donne les moyens ?

Je vous remercie pour l’attention que vous prêterez à mon message !

asked 09 Apr, 09:08

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Damien
21113


La condition de freelance auprès des institutions n'est pas précaire et ce n'est pas qu'une phase, mais souvent toute une carrière qui se fait sous ce statut. A la louche, en cabine française, 2/3 des effectifs dans les institutions européennes preste en indépendant.

Pour ce qui est de la difficulté d'accès à la profession, c'est relatif, subjectif et personnel. Si tu enrichis ta combinaison d'un allemand béton, que tu arrives à entrer dans une école de renom (ESIT Paris, FTI Genève, ISIT Paris), que tu arrives à en sortir diplômé, alors, ça devrait aller.

Si tu n'as que anglais et espagnol, ça n'ira d'emblée pas du tout pour l'UE. Si tu sors d'une école de seconde zone, ça pourrait marcher par miracle, mais le pari sera très risqué et le chemin semé d'embûches.

Aussi, se donner les moyens, c'est une chose. Avoir les capacités inhérentes en est une autre. Les trois années de master spécialisé où tu bosseras comme un acharné, c'est juste la charpente de ton édifice. Les fondations, tu auras dû les acquérir durant le quart de siècle précédant cette dernière ligne droite.

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answered 09 Apr, 11:08

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Gaspar ♦♦
7.2k141829

edited 09 Apr, 11:35

Merci beaucoup à vous deux pour vos réponses et informations.

Gaspar, vous dites que l'anglais et l'espagnol ne sont pas suffisants pour l'UE. Cependant, j'imagine que la combinaison Français A, Anglais B, et Espagnol C est assez efficace pour intégrer le marché privé, et d'autres organisations telles que l'ONU?

Actuellement, j'hésite grandement entre l'ITIRI de Strasbourg et l'EII de Mons pour ma formation. Je sais que la réputation d'une école ne déterminera pas ma réussite, mais je vois beaucoup de commentaires positifs sur l'Université de Mons, et assez peu à propos de l'Itiri. Que pensez-vous de ces deux écoles? Pensez-vous qu'une des deux est plus recommandable qu'une autre? De plus, je lis dans un certain nombre de commentaires que l'espagnol serait relativement "inutile" au niveau de l'emploi dans le secteur de Strasbourg ou Bruxelles. Est-ce que cette langue serait plus porteuse dans la région parisienne? Serait-il donc plus judicieux pour moi de me tourner vers une école à Paris comme l'ESIT, afin de pouvoir intégrer le marché du travail en région parisienne plus facilement?

(10 Apr, 10:00) Damien
1

In the private market, it's usually AB that gets you the greatest amount of work, provided that your retour is really solid. A Spanish C would probably be of much less use.

In the institutions, the problem is that EN + ES is one of the most common combinations among French As, if not the most common one, so you won't be very competitive, not in the EU at least, where German or one of the accession languages would be preferred, and three languages into French would be much better than just two (I'm not sure whether ABC even fulfills the current criteria of the FR booth; Gaspar will know more about it).

About the schools: ESIT, ISIT, Geneva are really the best options you've got. If you're admitted there and you can afford it financially (both Paris and Geneva aren't exactly the cheapest cities to live in, plus ISIT comes with high fees), I believe this is the way to go, even if you're not currently planning to stay in the Parisian region/in Switzerland after the graduation.

(10 Apr, 10:49) Joanna
2

Cependant, j'imagine que la combinaison Français A, Anglais B, et Espagnol C est assez efficace pour intégrer le marché privé (...) plus judicieux pour moi de me tourner vers une école à Paris comme l'ESIT, afin de pouvoir intégrer le marché du travail en région parisienne plus facilement?

Oui ; oui. Sans même l'espagnol. Mais c'est pas une licence et six mois d'Erasmus qui te donnent un B.

l'espagnol serait relativement "inutile" au niveau de l'emploi dans le secteur de Strasbourg ou Bruxelles. Est-ce que cette langue serait plus porteuse dans la région parisienne?

Oui ; non.

j'hésite grandement entre l'ITIRI de Strasbourg et l'EII de Mons pour ma formation. Je sais que la réputation d'une école ne déterminera pas ma réussite

La réputation des écoles n'est pas liée au hasard, elle est le reflet du niveau de formation, et par extension, du niveau d'admission. Celles qui laissent rentrer le tout venant (système belge francophone) produisent des groupes moins solides. Les bons sont tirés vers le bas.

En bref : les gens qui sortent de Paris ou de Genève deviennent généralement interprètes. Les gens qui sortent d'autres écoles francophones beaucoup moins et relèvent presque de l'erreur statistique.

Si tu es prêt à prendre le risque de faire deux à trois années de master et savoir que cinq ans après le diplôme, la probabilité que tu ne sois pas interprète oscille aux alentours de 90%, quand bien même tu aurais été diplômé avec d'excellentes notes et qu'exercer un job d'une CSP (et salaire) semblable à un secrétaire bilingue ne te semble pas rédhibitoire, tu peux te permettre de prendre le risque.

Aussi, quand bien même Mons n'a pas un niveau intrinsèquement mauvais (bien qu'en deçà de Paris & Genève, pour des raisons structurelles indépendantes de la qualité des enseignants), elle ne forme pas avec un vrai B. Or, sans combinaison solide, c'est le chômage qui t'attend. L'ITIRI je ne sais pas, mais ça coûte un bras alors que l'ESIT pas grand chose.

(10 Apr, 10:59) Gaspar ♦♦

Vois aussi les deux liens ci-bas pour avoir une meilleure compréhension de la toile de fond. On forme trop de gens, on ne forme pas les bons ou on ne les forme pas bien. Ce double handicap rend quasi-impossible l'atteinte de l'objectif rêvé :

http://interpreting.info/questions/3421/schools-social-responsibility

http://interpreting.info/questions/2496/tous-les-diplomes-ne-deviennent-pas-interpretes

Si tu n'as pas une combinaison béton (EN-DE-ES est la voie royale pour l'UE) et une formation béton, tu as peu ou prou autant de chances de devenir interprète au Parlement que de devenir Miss France.

(10 Apr, 13:25) Gaspar ♦♦

As Gaspar has already pointed out, being a freelance interpreter is not necessarily some phase in your career, it might be your endgame. Working as a freelance, you may actually be financially better off than staff interpreters (although there will always be some element of instability, you need to diversify, there is a certain degree of seasonality in this line of work etc.).

That said, besides great interpreting skills you need a good diploma, a good language combination, some people skills (especially if you work only/partly in the private market), and you have to be in the right place at the right time ;). Succeeding as a conference interpreter, be it a freelance or a staff one, requires a lot of patience on your part: you may get lucky and have a quick start into your career but in most cases, it takes a couple of years before you get established and can earn your living off interpreting. So think about some alternative sources of income, because right after your graduation you won't be able to subsist on interpreting only. Do not despair though, if you're good and persistent enough, your financial situation will get better.

Now, as to working for the institutions: one thing is accreditation tests, like the one you can take with the EU. In my opinion, they aren't very difficult but you do need to master the interpreting technique and your languages at the required level. The better the school you've graduated from, the higher the chance you will pass, and that you'll be invited to those tests at the first place (here, your language combination is also of relevance, as Gaspar has written).

Another thing is becoming a staff employee (an official). This is very much a question of demand and supply, I'm afraid. The number of staff jobs is very limited, even in the EU, which is the biggest employer for interpreters. It's not just about being really good (by the way, I doubt interpreting tests in EPSO competitions are much more demanding than the accreditation; can anyone confirm or deny that?), it's also very much, again, about being in the right place at the right time with the right languages. Those competitions are presumably organized on the basis of demand (for my booth, which is the Polish one, the last competition took place in 2009!) and even if you pass and get on the famous 'reservation list', from which the EU institution can hire, it's not a guarantee of being offered a job. It's not even a guarantee of a job interview.

That said, I don't think you need some special superhuman powers to pass those things :), and you don't have to be in some very narrow 'elite'. Can't say much about the competitions for interpreters (in 2009 I was still a diligent student of conference interpreting ;)) but I did participate in an EPSO competition for translators (they're structured differently than the competitions for interpreters, though, as they start with a huge pool of candidates that gets smaller and smaller at each stage, whereas for interpreting competitions, the candidates have to comply with certain criteria to be eligible in the first place, so the group in the beginning is relatively small). I heard many stories about those (translation) competitions before, like ones about people training for the computer-based competence tests for weeks (good news for interpreters here: for them, the result in those tests doesn't matter, you just have to pass) or for the assessment center. However, my experience was that it's all really doable (without all that training). I'd say it's even relatively easy.

But having been through the entire competition, and completing it with a perfect score for my EN>PL translation test, and a total score much above the passing threshold, I regret to say nobody has ever contacted me to offer me a job interview, let alone a job. Which kinda shows that thinking about working as a staff employee as your final goal might not be the best/most productive approach, because the institutions may not want to hire anyone with your A language for years (why they organize those competitions then, is another question).

It's a good thing then that working as a freelance can be perfectly satisfying :)

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answered 09 Apr, 12:50

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Joanna
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edited 09 Apr, 13:28

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