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  • En bénévolat, on se fait prendre en charge des frais de transport, d'hébergement et pension complète.
  • En formation continue, on paye pour tout, jusqu'aux frais liés à l'organisation du séminaire de perfectionnement.

Jusque là, tout est clair.

Mais il y a peu, je suis tombé sur le site d'une organisation qui semble faire un panachage des deux : L'hébergement et la pension sont prises en charge comme dans un bénévolat, mais pas les frais de transport. Et le tout est présenté comme une incroyable opportunité, s'adressant à la fois aux futurs diplômés qu'aux jeunes collègues, le tout sous la promesse de profiter de l'expérience grâce au contact de collègues plus chevronnés (eux aussi bénévoles ?) :

The Caux Interpreters Programme is an opportunity for final year interpreting students, interpreters who have just graduated or young professionals to practise their skills in a real conference setting working together with experienced interpreters. Source & lire la suite

Les délégués paient pour participer (voir ici), les montants sont variables et je ne les ai pas entièrement épluchés.

L'expérience semble être enrichissante, des échos lointains que j'ai eu de jeunes collègues. (Mais bon, lorsqu'on est fébrile, tout juste le diplôme en poche, l'enthousiasme d'exercer son art ne donne-t-il pas cette impression de n'importe quel stage ?)

Mais qu'en est-il de l'éthique professionnelle ? Selon vous, est-ce là un concept défendable voire intéressant ou une opportunité (sic) qu'il vaut mieux laisser filer ?

Réponses bienvenues en anglais également.

asked 12 Jun '13, 06:32

G%C3%A1sp%C3%A1r's gravatar image

Gáspár ♦
6.4k141829

edited 16 Aug '13, 06:15


After having briefly scanned the site, I think it’s a very cunning way of organising an international conference without having to pay for professional conference interpreters. What is even stranger is the lack of collaboration with any Interpreting School in Switzerland. Or at least I haven’t seen it.

This is not an NGO by any means. It’s a Conference Centre.

I understand that young graduates can feel enthusiastic about this sort of « opportunity » but they should be wary.

Personally I would stay away from this sort of offer.

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answered 13 Jun '13, 11:41

Marta%20Piera%20Marin's gravatar image

Marta Piera ... ♦
2.7k182850

...an interesting issue, Gaspar :-).

In the "old days", "pro bono" implied - in the absence of a waiver - paying for all expenses oneself... which is perhaps less surprising if one remembers that it was not primarily seen as PR (and even less training) but rather as paying back, ie seasoned professionals - who could thus occasionally afford not to be paid AND defray their expenses to boot - contributing to causes they believed in.

From what I've been able to understand, perusing the links you kindly provided, the only other volunteers are interns, basically contributing their enthusiasm ( "The departments where interns will be involved include: dining room, kitchen, economat, housekeeping, technical, secretariat, allocation, reception and flower arrangements." ) as opposed to specialised professional skills, which conference interpreters would thus singularly contribute...

Looking into the "skills practicing" side of things " final year interpreting students, interpreters who have just graduated or young professionals to practise their skills in a real conference setting working together with experienced interpreters ", their definition of "experienced interpreters", ie "Whenever possible, paired teams in the booths consist of one more experienced interpreter who might have been to Caux before and one less experienced interpreter/final-year student;" ( not to mention solo assignments)... falls somewhat short of our standards ;-)...

My here-and-now conclusion, is firstly that this is a set up which is only feasible for languages and places whith a regular abundance of likely candidates, secondly that the skills practicing side of things will be just that, ie not training as we see it, and thirdly that it may not be the best possible way of enhancing the reputation of the profession...

As the case however always is, any related decision must be individual, on individual grounds.

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answered 13 Jun '13, 08:34

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msr
4.6k6923

edited 14 Jun '13, 14:10

Merci aux contributeurs !

J'ai fini par creuser moi-même un peu le sujet à l'évocation du terme centre de conférences par Marta. Il est répété en long et en large que c'est une fondation qui repose sur l'engagement volontaire d'un grand nombre. J'ai quand même sourcillé en voyant la doctrine d'emploi des stagiaires, qui ne payent pas seulement leurs frais de transport, mais aussi des frais administratifs pour pouvoir travailler gratuitement :

Interns are expected to fund their travel costs to and from Caux. As the Caux centre is charitably funded through the contributions of many volunteers' time, talents and money, any financial contribution you are able to raise for your stay will be greatly appreciated.

For all Interns who are selected, there will be a registration fee of 100 CHF for the Interns Programme, as well as a 50 CHF Conference Centre fee.

A mettre en relation avec les revenus de la fondation qui en 2012 s'élevaient à 5.793.246,71 francs suisses (page 10 du rapport annuel).

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answered 16 Jun '13, 06:47

G%C3%A1sp%C3%A1r's gravatar image

Gáspár ♦
6.4k141829

Bonjour, Je me permets de réagir au messages de Gaspar afin d'éclairer certains points. Étudiante et bientôt (je l'espère) diplomée en traduction et interprétation, j'ai participé en tant qu'interprète bénévole à la conférence de Caux cette année. À Caux être stagiaire et être bénévole sont 2 choses diférentes. Les stagiaires (uniquement pour les postes mentionés dans le message de Manuel) payent en effet leurs frais administratifs et restent plus longtemps à Caux (environ un mois), les interprètes ne sont pas considérés comme des stagiaires mais comme des bénévoles et participent à une seule conférence (le séjour est donc d'une semaine, 10 jours au plus). Les frais d'hébergement sont pris en charge ainsi que la pension complète, par contre les frais de déplacement sont à la charge du bénévole. D'après eux, le budget consacré aux services linguistiques ne leur permet pas ce genre de dépenses. Caux est un centre de conférence particulier, dans le sens où la plus part des personnes qui y travaillent ne sont pas rémunérées. Caux m'a été présenté comme une occasion de pratiquer à micro ouvert et de recevoir des conseils de personnes plus expérimentées (elles aussi bénévoles). Il ne faut pas le voir comme une formation, les binômes ne sont pas toujours formés par un étudiant + un professionnel et lorsque l'on est avec une personne qui a plus d'expérience, le cadre de travail ne permet pas à celle-ci de nous 'former' (tout au plus du feedback en fin de semaine si vous lui demandez). Concernant la réputation de la profession il est difficile d'en parler, les conférenciers et le public savent que nous sommes bénévoles et étudiants, ils sont donc très tolérants. La charge de travail y est importante et l'on y fait pas que de la simultanée (on m'a dit que cela dépendait de la conférence) Lorsque j'y suis allée, nous faisions 2 heures de simultanée le matin et l'après-midi, en fonction des besoins, à nouveau de la simultanée ou du chuchotage lors d'ateliers de travail. Si vous avez d'autres questions, n'hésitez pas (en anglais également).

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answered 14 Aug '13, 18:30

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Clara
66115

edited 14 Aug '13, 19:31

Salut Clara ! Merci pour ton témoignage !

"D'après eux, le budget consacré aux services linguistiques ne leur permet pas ce genre de dépenses."

En soi, l'affirmation est probablement juste : Le budget a été élaboré en suivant l'hypothèse qu'on trouverait toujours des bonnes poires et qu'une enveloppe pour l'approche/déproche ne serait pas nécessaire.

Les quelques fois où j'ai donné de mon temps et de mon savoir faire, une quantité importante du boulot d'organisation consistait simplement à obtenir le strict minimum pour bosser. Récemment, un client refusait de louer des cabines mobiles, jugées trop chères. Les économies de bouts de chandelle n'ont rien donné : Après avoir opté pour une valise, il a fallu en conséquence envisager de doubler les effectifs (contraintes de temps de travail journalier) et aussi les frais d'hébergement, ne prendre que des biactifs (certains non-locaux, donc frais d'approche et de déproche), etc.

Un jour on a fini par me dire que l'interprétation tomberait à l'eau, qu'ils utiliseraient des bilingues parmi leurs propres effectifs, parce que pas de sous et qu'après tout, ça devait pas être bien dur de traduire (sic). Puis par miracle, le lendemain, on avait trouvé l'argent qu'il fallait pour faire les choses bien.

Avec plus de recul, les débutants dont je fais partie y gagneraient à oser refuser certaines choses. Et à se rendre compte qu'accepter un truc bancal (bénévole ou payé) juste pour le plaisir d'allumer le micro d'une console ne les rapproche pas nécessairement de leur objectif ultime.

"Caux m'a été présenté comme une occasion (...) de recevoir des conseils de personnes plus expérimentées (elles aussi bénévoles)."

J'ai l'impression (rien de concret pour l'étayer) que ceux qui y retournent d'une année à une autre ne sont pas nécessairement des mentors rêvés, même si très sympas.

(15 Aug '13, 07:43) Gáspár ♦

I do not want to criticize an organization based on its website only but it sounds a lot like making great business at the expenses of young and enthusiastic voluntary workers.

'The Interns Programme' (the non-interpreting one) seems far from what such a program should be. It is not common nor widely accepted to have interns do regularly (26 hours/week!) all the housework (making beds, helping in the kitchen, washing dishes etc.) AND make them pay a fee of 150 CHF for that AND not cover their travel/visa/insurance costs AND not give them the opportunity to stay a bit longer without additional costs (with the exception of 'certain circumstances').

In my nine years of involvement in non-governmental organizations I had the opportunity to see or hear of quite many European voluntary and internship projects, and most organizations offered better conditions, maybe with the exception of some small grass-roots initiatives.

Perhaps my opinion about CAUX would be different if I managed to find any information of possible fee waivers or other kinds of financial help for conference participants with a difficult financial situation, coming from developing countries, representing small NGOs etc. A standard rate for everyone does not seem very mission-oriented... (and interns have to pay registration fees if they want to attend a conference!)

The conditions for volunteer interpreters are clearly better but their travel costs should be covered, and free access to the wireless LAN should be provided. The information about working alone/in pairs is not clear, which is why I would fear of the possibility of working alone in the booth. Personally, I would be skeptic. Plus, I hate reading about 'simultaneous translations' being provided.

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answered 15 Aug '13, 11:29

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Joanna
7413312

Il est bon de noter que cet évènement existe depuis de nombreuses années et que l'information est envoyée à nombre d'universités membre de CIUTI, qui passent volontier l'information à leurs jeunes diplômés. Il est regrettable, effectivement, que les jeunes diplômés ne soient pas rémunérés pour ce travail ou pour les déplacements, mais il s'agit d'une fondation, et non d'une entreprise privée, et cette fondation fonctionne en grande partie sur le bénévolat et n'a pas un but luctratif. Cet évènement, critiqué par certains interprètes professionnels qui ont déjà de l'expérience, des clients réguliers et un CV fourni, a tout de même le mérite de permettre à des jeunes diplômés d'avoir une première expérience de type professionnel, à micro ouvert, dans une conférence internationale. Et nous savons tous qu'il n'est pas évident de trouver à faire ses armes, et que les premiers contrats professionnels sont extrêmement stressants, tout aussi préparé que l'on soit. Qui plus est, les échos des participants, les bénévoles eux-mêmes, tendent à être positifs. Et bien que plein d'enthousiasme et peut-être pas aussi aguerris que de "vrais professionels", ces bénévoles ne sont tout de même pas idiots ni dupes. Aucun, à ma connaissance, ne s'est considéré exploité, ni pendant ni après-coup, et tous sont conscient de l'importance de se faire justement rémunérer. Le consensus semble être que ce type d'expérience, entre le cadre académique et le contrat professionnel, leur permet de tester leurs compétences dans un contexte réel, avec moins de pression, fournissant une sorte d'apprentissage pratique à micro ouvert difficile à trouver.

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answered 28 Aug '13, 11:00

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Fanny
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Le caractère non-lucratif ne devrait pas vraiment jouer un rôle : Ces entités ont des salariés, payent aussi leur facture d'électricité et ont un budget alloué aux frais de fonctionnement généraux. Voir une fondation demander de l'argent à ses bénévoles pour s'inscrire à travailler gratuitement, en plus de payer le voyage de leur poche, est en soi très osé.

Le statut de fondation ne constitue pas vraiment un passe droit, mais me fait penser au dicton l'enfer est pavé de bonnes intentions. Après tout, rien de tel que de faire bosser des gens gratuitement sans contre-partie (j'y viens plus bas), en répétant qu'on le fait pour améliorer le monde. Mais pas à son échelle, ni en balayant devant sa porte ? C'est un peu dommage ! En bénévolat, toutes les ONG subviennent aux frais nécessaires à la présence de jeunes interprètes (excepté les honoraires, bien entendu). Exploiter leur précarité et manque d'expérience serait malvenu. Leur faire miroiter un quelconque enrichissement professionnel pour justifier une telle démarche me semble carrément malhonnête :

Il y a une floppée de réunions qui permettent aux jeunes de mettre le pied à l'étrier, il me vient à l'esprit le nom d'une demi-douzaine d'ONG qui m'ont contacté en l'espace de quelques mois. J'ai décliné un certain nombre de demandes. Cependant, les frais étaient pris en charge. Donc, pourquoi pas à Caux ? Quels sont les bénéfices pour un interprète de participer à cette conférence, plutôt qu'à une autre, qui justifie un investissement financier personnel ?

Rien des échos que j'ai eu ne me permet de constater qu'il s'agisse d'une expérience de formation, au sens où un élément jeune serait pris en charge de façon structurée par une équipe de professionnels établis. Si c'est pour faire rencontrer des gens qui ont leur diplôme depuis deux semaines et des gens qui galèrent depuis les trois années où ils ont décroché le leur, la plus value va être limitée... Et comme tu dis, les interprètes au CV bien garni, diposant de clients fidèles et qui ont osé relever le défi de lancer leur carrière avec succès ne feront probablement pas d'apparition à un tel évènement. Et certainement pas en nombre suffisant pour arriver à un ratio de 1 pro confirmé pour 1 débutant. Quid alors de la plus value qui justifierait que l'on ignore les conventions professionnelles relatives aux frais ?

Pour ce qui est de la satisfaction : Parmi ceux qui ont un peu de recul depuis leur passage à Caux, tout en ayant lancé leur carrière, la plupart gardent un souvenir mitigé voire amer de l'erreur de jeunesse qu'était leur participation. Certes, la semaine aura été plaisante, il se seront sentis importants et faisaient enfin partie des vrais... mais avec du recul, ils se seront aussi sentis roulés. Parce qu'entre-temps, ils ont pu comparer, apprendre, s'enrichir.

Tu dis que les bénévoles sont conscients de l'importance de se faire correctement rémunérer, pourtant leur seule présence dénote de leur incapacité à négocier et adopter collectivement l'attitude saine qui consiste(rait) à refuser de taffer dans des conditions inacceptables. Je m'étais inscrit pour voir, puis j'en ai causé avec quelques jeunes collègues, j'ai posé la question ici... pour enfin me raviser.

Le fait est que si les jeunes fébriles trop pressés d'allumer le micro une fois diplômés faisaient preuve d'un peu de retenue, leur séjour à Caux pourrait très bien être payé plein tarif. C'est du vu et revu, dès que les interprètes font bloc et refusent de prester, un budget apparaît par miracle. Et il correspond toujours pile-poil aux exigences établies, pour peu qu'on ne fléchisse pas. :-)

J'écris ces lignes en étant encore un poussin. A peine sorti d'école, j'ai eu un premier contrat pour une journée de travail payée dans la gamme haute de ce que facturent mes collègues seniors. J'ai fait quelques bénévolats ici et là, en sachant quand il fallait dire non. Je n'ai pas encore de clients fidèles, ni de revenus à faire pâlir. En revanche, je n'aime pas scier la branche sur laquelle je suis assis.

Aussi, j'ai de la peine lorsque je dois expliquer longuement à une ONG dont les idéaux me parlent qu'il faut prendre en charge mes frais réels ou m'oublier, parce que d'autres jeunes collègues auront été jusqu'à casser le marché (sic) du bénévolat.

Le principal souci de Caux, c'est que derrière l'illusion d'avoir enfin débuté, même si ce n'est qu'en bénévolat, même si c'est au prix de débourser pour son propre billet, on ne progresse pas vraiment : D'une part, il n'est pas nécessaire d'avoir fait de bénévolat pour prétendre à une rémunération correcte sur le (vrai) marché privé. D'autre part, avoir fait Caux ne me semble pas non plus ouvrir plus de portes que la mention sur son CV de cet évènement comme élément phare de son début de carrière ne doit en fermer.

Et la seule conclusion à laquelle je suis parvenu face à ce constat, comme nombre de mes jeunes collègues et étudiants en passe d'être diplômés, c'est qu'il est probablement préférable de passer son chemin.

(28 Aug '13, 12:59) Gáspár ♦
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