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Bonjour,

je souhaite aller en LEA pour devenir interprète. Pensez-vous qu'une année de prépa littéraire (hypokhâgne) pourrait se révéler utile ? (je pense qu'en LV3 le Russe offre plus de débouchés que le japonais, ai-je raison ?)

De plus, il faut apparemment étudier des matière non-linguistiques lors des séjours à l'étranger, comment est-ce possible de réussir son année dans un domaine/une matière qu'on ne maîtrise pas ?


I'm almost 18 and have planned to go to the university next year to integrate a "LEA" class, that is to say "Applied Foreign Languages", in order to become an interpreter.

Do you think a prep school in literature (called "Hypokhâgne" in France) might be useful, as I've read many times mastering your mother tongue is essential for this job ? I don't know if prep schools have the same goal in France as in foreign countries, even though I think they do. Well, I think this type of school would give me a great general culture and great methods of work, before I go to the university (I don't want to integrate any "Grandes Ecoles").

Furthermore, I think Russian must be much more useful that Japanese as a C language, am I right ?

What's more, I've also been told I should better study a non-linguistic subject when I'm in a foreign country, but how is it possible to succeed in your exams in a subject you've studied for a single year, while some other students have been studying it for already three years ? Or do you have to study a subject that is close to linguistic things ?

asked 11 Jan '13, 15:39

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ThomasAC
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edited 17 Feb '13, 03:38

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Nacho ♦
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Bonjour,, J'entre en khâgne cette année et me pose la même question, quel cursus pour atteindre le master d'interprétation de l'ESIT après ma khâgne ? Me conseilleriez vous une LÉA en L3? De plus, trouvez vous cela raisonnable d'entrer en master d'interprétation directement après une licence? Un bac +5 suffit il pour devenir une interprète compétente ? Je ne souhaite pas faire des études jusqu'à un doctorat, d'autant plus que j'ai déjà beaucoup étudié à l'étranger depuis le début du lycée.

Je vous remercie d'avance de vos réponses, qui me seront très certainement précieuses !

(26 Aug '15, 16:41) Lottchen

Ça dépend des langues que tu vas choisir. Je n'ai eu que des bons échos de l'inalco.

(26 Aug '15, 18:22) Sophie

J'étudie l'anglais et l'allemand, je souhaiterais trouver un moyen d'apprendre une autre langue, mais là encore le problème d'orientation se pose, quelle formation de l3 me permettant d'apprendre une troisième langue ? Effectivement j'ai entendu parler de l'inalco mais je ne sais pas quelles langues ils enseignent ....

(27 Aug '15, 02:51) Lottchen

Pourquoi ne pas faire deux ans de khâgne puis démarrer directement une L1 dans un autre domaine que les langues?Comme sciences politiques, économie ou le droit?

(27 Aug '15, 03:54) Sophie

Lottchen,

il te faudra avoir (minimum) soit une langue B, soit trois langues C. Si tu n'as pas de B, il faudra soit quelques années pour en acquérir un, soit quelques années pour apprendre une langue C de plus. Une seule année de L3 ne te permettra probablement de faire ni l'un, ni l'autre.

Où voudrais-tu travailler? Suivant la réponse, les langues à apprendre ne seront pas les mêmes.

(27 Aug '15, 08:45) Gáspár ♦

D’abord, une mauvaise nouvelle. LEA est probablement la dernière voie que je choisirais pour devenir interprète de conférence.

Un interprète a besoin, avant tout, d’une excellente langue maternelle, c’est vrai, et d’une solide culture générale. Dans la mesure où, dans ta carrière, tu seras amené à traduire des sujets extrêmement variés, toute autre formation universitaire te donnera un bagage que tu n’auras jamais en tant que diplômé en LEA. Une licence en droit, en économie, Sciences Po’, Hypokhâgne + Khâgne- même sans concours à la clé, sont des filières plus complètes, pourvu que tes langues soient déjà solides. Toutes ces formations prévoyant souvent une année à l’étranger, tu peux alors choisir de la passer dans le pays de ta langue principale (ou de ta langue la plus faible, en fonction de ta combinaison linguistique) et passer toutes tes vacances scolaires dans les pays dont tu veux perfectionner la langue. Ensuite, tu fais une bonne école universitaire d’interprétation, comme l’ESIT ou l’ISIT à Paris, qui recrutent après la licence (ou tu fais cette formation à l’étranger, dans le pays dont tu veux encore améliorer la langue).

Je te conseillerais d’oublier le japonais si tu ne l’étudies pas depuis plusieurs années déjà. Tu peux envisager le russe, très coté, surtout si tu as déjà un bon niveau. Si c’est le cas, une licence à Langues’O serait plus recommandée qu’une licence de LEA, vu que l’INALCO offre toute une panoplie de cours d’histoire, d’économie, de relations internationales qui te permettront d’approfondir ta culture générale (+ des séjours dans le pays). A compléter ensuite par un Mastère en interprétation.

Si tu ne veux pas te risquer à essayer de décrocher un diplôme à l’étranger, dans une matière qui t’est plus ou moins inconnue, tu peux parfaitement suivre des cours en auditeur libre pendant quelques mois. Le résultat est tout ce qui compte, pas le diplôme. A titre d’exemple, entre mes 2 années d’ESIT, je suis retournée en été à Stanford suivre des cours en auditrice libre sur l’astronomie, l’économie, et l’histoire de Cuba et du Chili. Sans examen à la clé… The best of both worlds ;-)

Bonne chance !

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answered 13 Jan '13, 04:51

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Danielle
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Bonjour, J'ai vu que tu mentionnais le parcours LEA et comme c'est la filière que j'ai suivie après l'obtention de mon baccalauréat, et que je suis maintenant interprète de conférence, je pensais pouvoir ajouter mon grain de sel à la conversation. Danielle a tout à fait raison. La première chose pour un interprète, c'est la langue maternelle. Viennent ensuite la maîtrise des langues étrangères et la culture générale. Pour finir, un cursus en école d'interprétation qui t'aura donné la confiance nécessaire pour prendre toute ta place en cabine. Il y a, comme on le dit souvent, plusieurs moyens de parvenir à ce résultat et cela dépend largement de ta situation de départ. Si tu es francophone pure et que tu as seulement étudié les langues étrangères à l'école, je te recommanderais de mettre l'accent là-dessus pour commencer. Si, par contre, ton contexte familial fait que tu maîtrises déjà tes langues, alors là, oui, travaille à ta culture générale. Pour illustrer mon propos, je prends mon parcours à titre d'exemple (attention, chaque cas est différent). J'ai grandi en France, dans une famille strictement francophone, je n'ai pas nécessairement été exposé depuis mon plus jeune âge à la culture et aux belles lettres et je savais donc que le chemin était particulièrement long. J'ai opté pour une filière LEA anglais-espagnol, licence, puis master spécialisé en traduction, agrémenté de plusieurs séjours au Canada et en Espagne, entre autres. Je me suis tout d'abord lancé en tant que traducteur et c'est là que j'ai pu tirer parti de la flexibilité offerte aux indépendants (80 % des traducteurs sont freelance). Je suis donc reparti au Canada, puis la vie m'a amené en Asie, à Singapour, où j'ai vraiment pratiqué l'anglais au jour le jour, qui plus est avec un accent local assez particulier. Curieusement, ça m'a été bénéfique (dissociation consciente et systématique entre l'anglais "standard" et le parler local notamment). J'ai ensuite fait une école en Belgique pour mon diplôme d'interprétation et j'exerce maintenant en Asie depuis un peu plus de deux ans. Ma combinaison est français A, anglais B et espagnol C.

Tout ça pour dire que la filière LEA n'est pas à bannir, mais qu'elle n'est pas suffisante pour devenir interprète (certaines universités offrent des cours de liaison, mais ce n'est pas de l'interprétation de conférence). De plus, concernant la culture générale, tu auras forcément des cours d'économie et de droit, à voir selon l'université.

Aucun cursus n'est particulièrement bon ou mauvais. Tout dépend de toi et de ce que tu fais de tes études. Tu peux tout à fait faire une licence en Histoire par exemple, à condition de travailler tes langues à côté et de façon très assidue. Pourquoi pas commencer tes études en France, faire un master en Angleterre, puis un doctorat en Espagne ? Tu pourras ainsi étudier la même discipline en plusieurs langues, ce qui, de la bouche de plusieurs interprètes, est plus efficace pour le perfectionnement linguistique que d'apprendre la langue pour la langue (le risque d'une filière LLCE par exemple). En ce qui concerne la combinaison linguistique, pour un français A, il y a très peu de débouchés avec le japonais, qui devrait de toute façon être un très bon B (le labeur de toute une vie ?). Si tu as l'anglais et l'espagnol, et que le russe t'intéresse, n'hésite pas ! L'ONU te déroulera le tapis rouge (après avoir réussi l'accréditation, évidemment). Bon courage !

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answered 22 Jan '13, 13:52

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GuillaumeF
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J'abonde (modestement) dans le sens de Danielle : Hypokhâgne et Khâgne te donnent une chouette base de culture G alors que les LEA se contentent de te former à l'apprentissage de langues étrangères sans t'ouvrir au monde.

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answered 13 Jan '13, 08:41

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Gáspár ♦
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Petit ajout à mon (long) message précédent. Si tu as l'anglais et l'allemand, et que tu veux faire un double cursus entre l'Allemagne et la France, la messe est dite ! Ajoute l'espagnol et ça te fera une jolie combinaison pour l'UE. Comme je le disais plus haut, pour l'ONU, c'est anglais, russe et espagnol qu'il te faut. L'allemand ne te servira pas. Donc, si tu veux étudier l'anglais, l'allemand et le russe, ta combinaison risque d'être bancale : il te faut trois langues passives pour l'UE (le russe n'étant requis qu'à titre exceptionnel), alors que pour l'ONU, une combinaison français A, anglais et russe C pourrait suffire. Mais dans ce cas, tu auras passé beaucoup de temps à perfectionner ton allemand, que tu n'utiliseras pas. Ou alors, tu pourrais combiner un profil onusien, en étant basé à Genève, et garder ton allemand C pour des missions sur le marché privé suisse (que je ne connais pas) ? À méditer...

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answered 22 Jan '13, 14:04

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GuillaumeF
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Danielle et Gaspar, je vous remercie énormément. C'est vraiment très gentil de votre part, vous m'avez beaucoup aidé.

Du coup, finalement, je laisse de côté l'idée de la LEA. En effet, je pense faire une année d'Hypokhâgne, tester le concours de ScPo. Si je l'ai raté, et que le conseil de classe me l'autorise, direction une année de Khâgne, et je réessayerai encore le concours d'un IEP. Enfin, si ça rate encore, je peux demander à intégrer une licence 3 de Sciences Politiques (à Paris I, accessible uniquement à partir de la L3). En revanche, j'aime beaucoup l'économie. En effet, je suis en Terminale Economiques et Sociale. En revanche, les mathématiques ne sont pas ma tasse de thé. De plus, si je rate la première année de prépa, et le concours de Sciences-Po, je peux toujours faire LEA pendant un an ou deux, avant de tenter d'intégrer la licence de Sciences Politiques. Evidemment, je multiplierai les séjours à l'étranger, d'autant plus que j'ai vraiment envie de voyager à l'étranger

En revanche, je comptais démarrer le russe, pensez-vous que ce soit une bonne idée ? Je serais au ni veau débutant. Sinon, l'espagnol semble assez prisé. L'est-il plus que le russe ? Offre-t-il plus de débouchés ? Peut-être que dans le futur, la demande pour des interprètes en russe va s'accroître. J'ai d'ailleurs oublié de préciser que les deux langues étrangères que je parle sont l'anglais et l'allemand.

Enfin, je souhaitais également vous demander, sans vouloir abuser de votre bonté, si le niveau de langue exigé à l'ESIT est très élevé, ou non.

Merci d'avance. :)

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answered 15 Jan '13, 12:57

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ThomasAC
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Si tu as déjà l'allemand, tu peux envisager, si la prépa n'apporte rien de concluant pour Sciences-Po, de t'orienter vers l'un des "cursus intégrés" soutenus par l'Université Franco Allemande. Ils se distinguent des séjours Erasmus par une coopération plus étroite entre les universités, délivrant des diplômes "mention bilingue" et une cohérence pédagogique disons, moins laissée au hasard qu'en Erasmus.

Il y a plusieurs cursus en économie et assimilés : http://www.dfh-ufa.org/fr/formations/guide-des-etudes/mode/liste/fr/27/pointer/0/

L'autre avantage, c'est que si tu pousses jusqu'au master avec l'UFA, tu es sûr de passer au moins deux ans dans l'université partenaire. Sur six ans de droit français et de droit allemand, j'avais même trouvé le moyen de séjourner 5 ans à l'étranger. Le tout avec une bourse.

Le niveau de langues est par définition élevé. Tu dois non seulement comprendre des gens qui parlent mal ou avec un accent, mais aussi saisir des références culturelles (au sens large).

Jette aussi un oeil aux cursus franco-allemands de sciences humaines et sociales, tu y trouveras les parcours possibles avec une composante de politique.

Pour la pertinence d'apprendre le russe ou l'espagnol, ouvre une nouvelle question plutôt que de continuer ici, sinon on va s'y perdre. ;-)

(15 Jan '13, 13:19) Gáspár ♦

Je confirme ce que te conseille Gaspar. De mon temps, il fallait 16/20 à l'examen de sortie de l'ESIT pour avoir le diplôme, et une langue étrangère ne pouvait pas compenser l'autre. Donc, le niveau de langue est très élevé. C'et pour cela qu'il risque d'être difficile à atteindre si tu ne fais que commencer le russe (et que tu n'es pas à l'INALCO). Par contre, ajouer l'espagnol à une combinaison solide FR-EN-DE n'est pas une mauvaise idée, même si c'est une combinaison moins rare.

(15 Jan '13, 13:29) Danielle

Bonjour. :)

Merci beaucoup.

C'est bon à savoir, concernant le cursus franco-allemand. De plus, une licence de sciences politiques m'intéresserait beaucoup.

En ce qui concerne le russe, de toutes façons en étant interprète, à moins que l'on soit interprète free lance, le russe ne peut pas servir si on a déjà trois langues dans notre bagage. De plus, même si j'apprenais le russe, je n'aurais pas le droit non plus de le passer à l'ESIT, car nous sommes également limités à trois langues, si je ne me trompe pas.

Merci. Je vais de ce pas ouvrir une conversation sur le choix entre le russe et l'espagnol.

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answered 21 Jan '13, 12:28

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ThomasAC
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